LE TARIF GBNKMAL AU 5«NAT
MM. Clemenceau et de Mun adjurent le président du Conseil d^accepter d'être arbitre entre les grévistes et les Compagnies. M. de Freycinet, refusant ce mandat s*il lui était imposé impérativement par la Chambre, consentit, après le voie d'un ordre du jour de confiance, à désigner une Commission arbitrale qui échoua. Une Commission d'arbitres^ nommée par les deux parties, fut plus heureuse et le travail put reprendre dans les bassins bouillers du Nord.
Il faut citer encore, à la Chambre, une nouvelle interpellation de M. Laur, sur les crises financières et sur le drainage de Tor. Le député boulangiste ne voyait qu'un remède aux crises ûnancières : l'expulsion des banquiers Israélites. M. Rouvier répondit sérieusement à cette peu sérieuse interpellation, comme M. de Freycinet répondit à une demande d'amnistie plénière étrangement motivée de M. Lafargue, que les électeurs de Lille avaient tiré de la prison ou l'avait fait enfermer sa complicité morale dans l'ailaire de Fournies.
Au Sénat, la discussion générale du tarif des douanes, qui commença le 18 Novembre, fut soutenue par des orateurs comme MM. Challemel-Lacour, Jules Simon, Jules Ferry^ Jules Roche ; c'est dire à quelle hauteur elle s'éleva. Mais aucun argument nouveau n'y fut présenté et les propositions de la Chambre furent généralement adoptées. Le tarif général ayant dû retourner au Palais-Bourbon et n'étant revenu au Luxembourg que le 29 Décembre, le même jour que le budget, l'application initiale en fut reportée du 1^^ Janvier au 1*'^ Février 1892.
Aune interpellation de M. de L'Angle Beaumanoir, considérant comme une « concurrence déloyale » l'enseignement du catéchisme, donné par l'instituteur dans le local del'Ëcole, M. Bourgeois répondit en citant ane circulaire de M. Duvaux, datée de 1882, qui donnait cette autorisation aux instituteurs ; il ajouta qu'il la retirerait, si le catéchisme enseigné
devenait « le véhicule de doctrines contraires aux droits de
rÉut ».
L'un des derniers événements de 1891 fut notre rupture diplomatique avec la Bulgarie. Cette rupture eut pour cause Texpulsion de M. Chadourne, correspondant français de V Agence Havas, ordonnée par un homme tristement célèbre dans rhistoire bulgare, M. Slambouloff.
Cette année 1891, marquée par les élections de Janvier, par les visites de Juillet et d'Août, par la revue de Septembre, bien remplie en somme, est la première^ depuis Tannée 1884, qui n'ait pas eu sa crise ministérielle. Le Cabinet, un peu ébranlé à la fin de la session d'été, avait été consolidé par Cronstadt. il avait fait de louables efforts pour empêcher une réaction trop violente contre la liberté des échanges et des efforts non moins louables pour améliorer notre législation sociale. La principale cause de sa faiblesse, nous voulons dire les fluctuations de M. de Freycinet, ayant disparu, sa situation semblait extrêmement solide le 31 Décembre 1891.
Les six jours de la session extraordinaire de 1891, prolongée du 5 au 11 Janvier 1892, furent consacrés à la recherche d'une entente entre le Sénat et la Chambre sur les points du budget restés en litige : la quotité du droit sur les pétroles et la réforme des frais de justice, réforme due à la ténacité de M. Henri Brisson, qui réalisait 7 millions de dégrèvements au profit des justiciables. Le budget, continuant à faire la navette entre les deux Chambres, après l'ouverture constitutionnelle de la session ordinaire de 1892, fut enfin voté le 23 Janvier et les deux Chambres s'ajournèrent au 16 Février.
Avant cet ajournement, au Sénat, dans la discussion du budget de l'Algérie, les fonctionnaires appliqués, honnêtes, laborieux de la France africaine, avaient été énergiquement