LA CE^^SURE DRAMATIQUE
parlé et volé comme MM. Henry Fouquier, Joseph Reinach et Francis Charmes. Ayant la responsabilité du pouvoir et du maintien de Tordre, il ne sauva Tinstitutionfort compromise qu'en faisant connaître les instructions très libérales et très larges qu'il avait données aux censeurs. Le droit de l'écrivain, disait-il^ si respectable qu'il soit, est limité par le droit de la patrie, par le droit de la société, par le droit des individus ; c'est dans ces trois cas seulement, lorsque l'intérêt de nos relations extérieures, celui de la morale publique, celui des particuliers est en jeu que l'autorité doit intervenir. En dehors de ces cas, l'administration, qui n'a pas la charge d'une politique déterminée, doit laisser toutes les idées se manifester librement. La proposition de suppression fut repoussée, après ces déclarations et les censeurs furent conservés. Ils continuèrent à enrichir le répertoire devenu classique de leurs bévues, de leurs accès de pudeur polilique ou de leurs scrupules religieux, et à laisser libre carrière aux écrivains qui spéculent sur Timmoralité publique. Quant aux interdictions ou aux suppressions des ouvrages dramatiques pouvant compromettre l'ordre public, ils n'en ont pas la responsabilité : elle revient tout entière au ministre. Pour rare qu'elle soit, l'interdiction n'en est pas moins regrettable, parce qu'elle est arbitraire et parce qu'elle frappe presque toujours un écrivain digne de ce nom.
C'est le 10 Mars, au lendemain de la nomination d'un jeune député du Gard, M. Jamais, comme sous-secrétaire d'État des Colonies, que la Chambre eut à se prononcer sur la question, depuis longtemps posée, de création d'un ministère spécial des Colonies. Le décret qui appelait M. Jamais à ces fonctions rattachait les Colonies au ministère de la Marine. L'on revenait ainsi sur ce qui avait semblé un progrès, quelque temps auparavant, l'on détachait les Colonies du
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^"isLère du Commerce. Cette séparation était l'œuvre du istre, M. Jules Roche, qui s'était refusé à conserver la lODsabilité d'un service déplorablement organisé. Marine commerce peu importait ; c'était l'autonomie qu'il fallait id m iaistrali OR coloniale : M. Joseph Heinach le comprit I proposa la constitution d'un ministère spécial. Ni la mbre ni le public ne le comprirent; l'urgence sur la position J. Reinach fut rcpousaée b. une forte majorité, [uestion ne tardera pas è, revenir devant la Chambre et à voir une solution définitive et logique. Le président du seil ne s'était pas opposé à l'urgence.
B jour même de la discussion sur le ministère des Colo- , M. Loubet avait déposé le projet de budget de 1893, )aré par M. Rouvier, sous la précédente administration, touvier s'était proposé un triple but ; il voulait continuer olitique de dégrèvement, parfaire l'œuvre d'unification gétaii-e et résoudre la question des obligations à court »e. Pour y parvenir, sur le premier point il opérait un ■èvcment de 73 millions au profit des boissons hygiéles ; sur le second il réintégrait au budget ordinaire la rention de la caisse des Écoles et il supprimait le budget ressources spéciales ; sur le troisième il reconstituait ortisscment pour rembourser les obligations h court le. H. Rouvier ne put faire voter son budget en temps I : la discussion en était à peine amorcée, à la fin de smbre 189â, quand le Cabinet dont il faisait partie omba. Mais il assista le â9 Mais et le 13 Avril à la dision des demandes de crédits supplémentaires provoquées par les excédents de dépenses résultant des réengage- Is de sous-officiers, des indemnités de route et de vivres, de la situation de nos colonnes engagées au Soudan et Jahomey.
i demande de crédits pour excédents de dépenses mili-