‹ Histoire de la Troisième RépubliqueChapitre 5 sur 172 · I.B UBSSAGS ET LA l>4[n,ARATI0N · texte numérisé non relu

I.B UBSSAGS ET LA l>4[n,ARATI0N

faut du Cabinet Rouvier, étaîl le plus acceptable que Ton pût former k ce moment.

Dès leleodemain de la cunslitutioD du Cabinet, le Message du Présideat de la République était communiqué aux deux Cbambres. Ce document, d'allures modealea, promettait une politique de progrès, d'apaisement et de concorde. M. Carnot s'engageait & appeler députés el sénateurs « sur le terrain commua des intérêts moraux et matériels de la nation m. La Déclaration ministérielle, qui fut lue le 15 Décembre, disait, presque dans les mêmes termes, que le Gouvernement continaerail l'œuvre de concorde el d'entente républicaines, qu'il travaillerait à l'apaisement des espriLs à l'intérieur. Trois douzièmes provisoires furent ensuite accordés au Cabinet sans diflicultés, par 487 voix contre 13, après que M. Camille Pellelan eut déclaré, avec sa fougue juvénile, que son vote favorable n'impliquait aucune conilanee dans le Ministère. Deux questions importantes furent encore discutées, avant la clôture de la session qui fut prononcée le 17 Décembre.

Le traité de commerce avec lllalie arrivant à expiration le 31 Décembre, il fallait donner au GouvernemenI, par voie législative, les pouvoirs nécessaires pour proroger de six mois le traite existant. Ce fut fait le 1& k la Chambre, le 16 iiu Sénat et l'Italie, consentit à une prorogation de deux mois. La seconde question, d'ordre intérieur, était relative aux approviaionnemenls de fourrages militaires. Après une longue discussion, très technique, le statu qno fut maintenu et Tarmée fut approvisionnée de fourrages, comme par le passé, pour les quatre cinquièmes & l'entreprise, pour un cinquième par gestion directe.

Le 16 Décembre, la veille de la clôture, les députés socl listes de la Chambre s'étaient constitués en groupe distin et avaient rédigé un Manifeste qu'il convient de retracer dai ses grandes lignes. Le Manifeste après avoir réclamé, (

termes très généraux, Tautonomie communale qu'il ne précise ni ne limite, la fédéralion internationale des peuples, la solution arbitrale de tous les difTérends entre les nations comme entre les individus, aborde la question des armées permanentes et n'hésite pas à demander leur transformation en milices sédentaires, composées de tous les citoyens majeurs. Dans une phrase incidente est faite une réserve, de pure forme, qui subordonne cette transformation aux nécessités de la défense nationale. La peine de mort doit être abolie comme Tarmée permanente et le droit de punir limité au droit de défense sociale. La souveraineté du peuple doit être garantie par le suffrage universel, organisé de façon à respecter le droit des minorités. On ne saurait trop approuver ce dernier article, aussi bien que celui qui réclame l'émancipation progressive de la femme. L'octroi de l'égalité de droits à Tenfant naturel et à Fenfant issu du mariage n'emporte pas la même approbation, non plus que l'article beaucoup trop vague qui réclame l'enseignement intégral, scientifique, professionnel et militaire gratuit, pour tous et à tous les degrés. La séparation des Eglises d'avec les administrations publiques, la suppression du budget des cultes, la liberté absolue de penser, parler, écrire, se réunir, s'associer, contracter et travailler, qui figurent aux articles 9 et 10, pourraient être inscrits aussi bien sur un programme radical, voire sur un programme opportuniste, que sur un programme socialiste. Les réformes sociales proprement dites ne figurent qu'aux quatre derniers articles du Manifeste : elles consistent dans la transformation des monopoles en services publics, dans la nationalisation progressive de la propriété, dans l'établissement d'impôts progressifs sur les richesses personnelles et l'abolition de l'héritage en ligne collatérale, enfin dans la création de crèches, d'écoles, de caisses de retraites, de caisses contre les accidents à la charge de la société. L'ar-

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devaient, à deux mois de \h, sigiter le premier I

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pour imposer une Dictature à It Pjance, pour suIjs

régime du sabre au régime des lois.

Le 13 Décembre 1887, la Chambre des mises en ac delà Gourde Paris avait décidé, contrairement à juge d'instruction, qu'il n'y avait pas lieu de pa MH. Gragnon, Goron et 'Wilson, pour détournement titutioQ de pièces dans un dossier, a attendu que de pratiques doivent être iiaulement réprouvées, mais bent sous l'application d'aucune disposition de la loi | La substitution aux lellres primitives de lettres U' qu'avait dénoncées le filigrane accusateur, était ei moindre des délits reprocliés au gendre de l'ancii dent. Le 29 Février 1888 la police correctionnelle tn sévËrementde plus sérieux, mais qui ne tombaient plus sous le coup de la loi, puisque la Cour, e acquitta, le 26 Mars suivant, le condamné du 39 tout en appréciant sévèrement les défaillances mo se rencontraient dans la cause. La condamnation p le 19 mars contre le général Caffarel el contre la L correspondante de M. Wilson, regut au contraire s

elîet et de cette répugnaate affaire, il ne serait resté qu'ua triste souvenir, tôt effacé dans notre pays aux impressions fugitives, si le bénéQciaire du non-lieu et de Tacquittement n'avait, après quelques mois de retraite, demandé au suffrage universel une sorte d'absolution qui ne lui fut pas refusée.

Le Ministère du 1:2 Décembre subit une modification par^ lielle le 5 Janvier. M. de Mahy refusa de se conformer à l'usage établi d'adjoindre au ministre de la Marine un soussecrétaire d'Etat pour les Colonies. Le vice-amiral Kranlz, soa successeur, s'adjoignit M. Félix Faure et le 17 Février suivant, quand M. Félix Faure eut donné sa démission, parce que la Chambre avait réduit les crédits du Tonkin, un député des Deux-Sèvres, M. de la Porte, fut chargé du sous-secrétariat d'Etat. La substitution d'un spécialiste à M. de Mahy ne modifiait pas le caractère de la combinaison, pas plus que la substitution du député des Deux-Sèvres au député de la Seine- Inférieure. Elle restait, après le 5 Janvier, ce qu'elle était avant, très honnête, offrant toutes les garanties au point de vue républicain, mais manquant d'autorité au point de vue parlementaire et de prestige au point de vue de l'opinion.

Le renouvellement triennal du Sénat, qui eut lieu le 5 Janvier, ne fut ni un succès ni une défaite pour le Ministère et pour le parti républicain. Sur 83 sièges à pourvoir, 65 étaient occupés par les républicains et 18 par les réactionnaires; après l'élection 62 appartinrent aux républicains et 21 aux réactionnaires. Dans deux départements, l'Ille-et-Vilaine et la Mayenne, la majorité était passée de Gauche à Droite, sans motifs appréciables ; dans un troisième, la Nièvre, la majorité de Gauche désunie se laissa battre par la minorité de Droite qui marcha compacte au scrutin. En somme la majorité importante que possédait la Gauche dans la Haute Assemblée fut à peine entamée : elle reporta M. Le Royer au fauteuil et l'honorable président fit entendre, une fois de

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