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LE BARREAU DE PARIS

gers de la eonfusion entre la justice et la politique, vota un ordre du jour de M. Rivet qui, conformément à la formule habituelle, laissait la justice suivre son cours pour faire toute la lumière et approuvait le Gouvernement. Le Sénat émettait un vote analogue le lendemain, après avoir entendu MM. Loubet et Ribot.

Le 16 Mars, sans être interpellé ni questionné, le Président du Conseil montait à la tribune, pour s'expliquer sur un article du Gaulois, Ce journal avait prétendu que M. Ribot, connaissant le fameux X... de la liste de M. Andrieux, aurait fait prier par M* du Buît, bâtonnier de l'ordre, l'avocat de M. Cottu de ne pas révéler ce nom. L'avocat de M. Cottu répondit à M. Ribot qu'il n'avait jamais eu l'intention de prononcer de nom, d'autant plus qu'il ignorait que le personnage en question eût jamais été mêlé à l'affaire. Or, le personnage en question n'était autre que M. de Morenheim, ambassadeur de Russie, et le président du Conseil protesta contre ce qu'il appelait « une manœuvre infâme j», ajoutant qu'il avait connu un barreau de Paris plus soucieux de ses devoirs. Toutes ces maladresses furent vivement relevées par le bâtonnier: il attribua Tindiscrétion commise à l'entourage de M"® Cottu et déclara, dans une lettre au président du Conseil, que le barreau était las des attaques dirigées contre lui par un de ses membres. Si maître de lui d'habitude, M. Ribot avait cédé à un accès de nervosité, comme y céda le député qui, à la suite de ce regrettable incident, déposa une proposition qui supprimait le monopole des avocats.

Une interpellation de M. Millevoye, ajournée depuis le 6 Mars et terminée par Tordre du jour pur et simple, le 23 Mars, fut la dernière participation de la Chambre à l'affaire du Panama, sous le Ministère Ribot.

Parmi les votes les plus importants de la Chambre, duramt les trois premiers mois de 1893, nous signalerons celui du

âSO LE PREMIER MINISTÈRE RIBOT

17 Janvier qui autorisait la Banque de France à augmenter de 500 millions son émission de billets ; celui du 31 Janvier sanctionnant le projet qui réprimait les manœuvres contre le crédit public, dont la discussion fournit à MM. Tirard' et Ribot l'occasion d'excellents discours patriotiques, afûchés par ordre de la Chambre. Le projet voté étendait les pénalités de Tarticle 428 à quiconque, par des faits faux ou calomnieux ou par des voies ou moyens frauduleux, aurait provoqué ou tenté de provoquer des retraits de fonds des caisses publiques. C'était une réponse à l'article de M. de Cassagnac intitulé VElat voleur. Un mois plus lard, la Chambre adoptait la loi sur les Caisses d'épargne, abaissant le maximum des livrets pour les nouveaux versements de 2 000 à i 500 francs et fixant le maximum' des versements à 300 francs par quinzaine et à 1 500 francs par an.

Un autre projet, voté par le Sénat, ne fut accepté qu'avec modifications par la Chambre : c'est celui qui, contrairement k la loi de 1881, admettait la détention et la saisie préventives, pour assurer la répression de la provocation aux crimes et délits de droit commun. Malgré le garde des sceaux, la Chambre rétablit l'amendement de M. Jullien, adopté en première lecture, qui admettait seulement l'exécution provisoire des arrêts de la Cour d'assises, malgré opposition ou pourvoi. Le projet, qui faisaitpasser dujury au tribunal correctionnel le délit d'outrage aux souverains et ambassadeurs étrangers, fut voté parla Chambre sans modifications, après deux remarquables discours du ministre des Affaires Étrangères, M. Develle, et du président du Conseil.

Entre temps la Chambre s'occupait du budget de 1893 dont elle acheva la discussion si tardivement qu'elle dut, à la fin de Février, voler un troisième douzième provisoire et que

* Appendice XVI. Discours de M. Tirard, ministre des Finances, à la Chambre des Députés.

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