‹ Histoire de la Troisième RépubliqueChapitre 77 sur 172 · LOCKROT ET LA MARINE â · texte numérisé non relu

LOCKROT ET LA MARINE â

matave s^était contenté, pour exercer ses fonctions, de notre exequatur. Une agence de résidence avait été- créée à Fort- Dauphin et notre résident s*y était installé le l**" octobre 1893. Un tribunal avait été créé à Tamatave. Des tentatives ont été faites^ pour empêcher l'introduction des armes dans Tile, et nos croiseurs ont ordre de saisir toute contrebande de guerre destinée aux Hovas. L'ordre du jour de confiance de M. Brunet, invitant le Gouvernement à tout entreprendre pour maintenir notre situation et nos droits, pour rétablir Tordre, protéger nos nationaux et faire respecter le drapeau, fut adopté à l'unanimité. L'interpellation Brunet n'éclaircit pas beaucoup la situation ; elle eut au moins ce bon résultat de dégager la responsabilité du Parlement et de donner au Ministère l'autorité nécessaire pour agir vite, en cas de besoin.

Le 27 Janvier, dans une interpellation de M. Glovis Hugues à M. Raynal, auquel le député socialiste reprochait d'avoir confondu dans les perquisitions récemment faites les anarchistes et les socialistes, un autre socialiste, connu surtout par un détail de sa toilette, M. Thivrier, s'oublia jusqu'à crier «-Vive la Commune ! » Censuré et frappé d'exclusion temporaire, il refusa de sortir et fut expulsé par des soldats sans armes, suivant le cérémonial habituel. Ce scandale est à peu près le seul service que le député de Montluçon ait rendu à ses électeurs.

Beaucoup plus importante fut l'interpellation sur la marine de M. Lockroy. Le député de Paris s'était fait une spécialité des questions de marine, surtout de celles de constructions navales et il démontra aisément que le désordre de l'administration maritime, Tabsence de responsabilité et le dédain du contrôle parlementaire, nous plaçaient dans une situation inférieure en face de l'Angleterre, malgré l'énormilé des sacrifices consentis par les Chambres. L'amiral

270 LE MINISTÈRB GASIliTR-PÉRIER

Lefèvre essaya de réfuter les critiques de M. Lockroy. Le ministre de la Guerre répondit au point de vue de la défense des côtes. Après une intervention de M. Thomson, une réplique de M. Casimir-Périer qui reconnut, en somme, le bien fondé des critiques de M. Lockroy, la Chambre adopta un ordre du jour qui laissait le soin d'accomplir les réformes nécessaires à la Commission extra-parlementaire de 36 membres que le Gouvernement avait nommée et qui comprenait 22 membres du Parlement. M. Lockroy aurait préféré confier à la Commission de la marine de la Chambre des députés Tenquète à faire et il aurait voulu que Ton invitât le ministre à proposer dores et déjà les mesures nécessaires pour la défense des côtes. Les événements ultérieurs devaient montrer que les préoccupations de MM. Lockroy et Brisson, au sujet de la défense des côtes, étaient trop fondées.

Les deux séances du 8 et du 10 Février furent remplies par une interpellation de M. Fabérot sur la fermeture de la Bourse du travail. M. Raynal répondit aux orateurs socialistes que la Bourse du travail avait été un centre d'agitation révolutionnaire; il fit des citations édifiantes, empruntées aux orateurs des Syndicats irréguliers, et la Chambre clôtura cette longue interpellation par Tordre du jour pur et simple.

Un déplorable incident, la mort du colonel Bonnier, tombé près de Tombouctou dans une embuscade des Touaregs, amena M. Casimir-Périer à la tribune le 10 Février. Il fit un de ces exposés de situation dans lesquels il excellait, remettant toute chose au point, sans rien diminuer, sans rien exagérer, déclarant que certaines ardeurs avaient été excessives et certains courages irréguliers. Le gouverneur civil du Soudan avait donné Tordre d'arrêter des colonnes françaises parties, avant son débarquement, pour une destination inconnue : le Gouvernement Tavait approuvé, voulant qu'aucune expédition militaire ne fût engagée, sMl n'y avait pas

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