‹ Histoire de la Troisième RépubliqueChapitre 8 sur 172 · COMPLICITÉ DE BOULANGER AVEC LES GRÉVISTES · texte numérisé non relu

COMPLICITÉ DE BOULANGER AVEC LES GRÉVISTES

accusent la faiblesse. La Constitation de 1875 est « un squelette dont on entend craquer les os )>.

Dans la lettre aux électeurs de la Charente-Inférieure les députés sont des ambitieux^ qui ont mis la France en coupe réglée^ des politiciens avides et des incapables. Ces recueils d'injures semblent être sortis de la plume du rédacteur en chef de V Intransigeant qui sommait, à ce moment même, M. Garnot d'appeler le vainqueur du 19 Août à la présidence du Conseil des ministres. Quant aux morceaux de doctrine, ils émanaient soit de M. Dagué de la Fauconnerie, bien revenu de ses velléités de ralliement, soit de M. Xaquet, qui aspirait à devenir le Sieyès du pseudo Bonaparte.

Au lendemain des élections partielles, la session des Conseils généraux s'était ouverte. Elle eût passé inaperçue, si la majorité des Assemblées départementales (o3 sur 80), réunie hors session, n'eût demandé la substitution du scrutin d'arrondissement au scrutin de liste, non pas que celui-ci parût inférieur à celui-là; mais les influences locales seraient plus vivaccs avec le petit scrutin et les courants plébiscitaires moins redoutables.

A la suite de la grève du mois d'Août un tapissier, un coiffeur et un garçon libraire avaient été condamnés à la prison, pour s'être acharnés à coups de gourdins contre un agent de police. Sur l'un d'eux, on trouva une carte du général Boulanger, avec ces mots : « Général Boulanger vous remercie de vos offres de service ; en prend bonne note pour y avoir recours à l'occasion. » Lia complicité de Boulanger dans les troubles du mois d'Août était donc certaine. Ni cette complicité, ni l'instance en divorce qu'il avait introduite contre sa femme, dans le seul but de reconquérir sa liberté, pour Taliéner ensuite, n'éloignèrent de lui les royalistes et les catholiques, que son succès avaient littéralement grisés. La duchesse d'Uzès dépensa 500 000 francs pour la triple élection

Edg. Zevort. — Troisième République. iv. — 4

du 19 Août. MM. de Martimprey, de Breteuil, de Lévis-Mirepoix, de Mun, de Mackau, Paul de Cassagnac mirent tout leur espoir dans le général rebelle, dans le citoyen factieux. A une re'union de la Droite de la Chambre, qui précéda la rentrée, M. de Mackau déclara que la situation du parti républicain était désormais perdue. Que les monarchistes aient contracté une alliance avec le général Boulanger, c'était 'leur droit. Ce sera aussi le droit et le devoir des républicains de faire marquer le pas à ceux de ces monarchistes qui, après l'échec et la mort du général, vont se rallier à la République triomphante.

Les autres incidents des vacances se rapportent presque tous à la crise boulangiste. Le ministre de la Guerre, qui eut le courage de proposer et de faire accepter au Gouvernement radical la nomination du général de Miribel à la tête du Vl° Corps d'armée, se préoccupait assez peu des menues atteintes à la discipline ou aux règlements que commettaient soit le général lui-même, lorsqu'il assistait en grand uniforme au mariage de sa fille avec le capitaine Driant, soit le député Laguerre, qui recevait à Lisieux, pendant ses vingthuit jours, la visite du général, qui le traitait comme un chef de parti, qui entremêlait le service militaire et la politique et faisait participer ses camarades à ces manifestations séditieuses.

Le soldat Laguerre était un des députés qui attaquaient avec le plus de violence le Parlementarisme. Son collègue Numa Gilly, député socialiste du Gard, avait trouvé un autre moyen de déconsidérer la République. Le 3 Septembre, à Mais, dans une réunion publique, il avait prononcé ces paroles : « On a poursuivi Wilson ; pure comédie, pour faire croire que Ton était plus honnête que lui, mais sur 33 membres de la Commission du budget, vous avez au moins 20 Wilsons. » MM. Jamais, Salis, Sigismond-Lacroix, Baïhaut, Compayré,

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