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LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE

saires déclarés de TEmpire et du pouvoir personnel. Les attributions du Sénat français sont les mêmes que dans toute autre République; les réduire, restreindre celles du Chef de rÉtat et des ministres, c'est supprimer le régime parlementaire et revenir au régime conventionnel. Le mal signalé par M. Goblet, et que M. Deschanel ne conteste pas, provient de rininlelligenle application du système, de l'absence de grands partis, de la fréquence des crises ministérielles et aussi d'une méthode de travail vicieuse.

Après une courte intervention de MM. Naquet, Marcel Habert et Juliien, M. Casimir-Périer fit ressortir les diflférences profondes d'opinion qui séparaient les partisans de la revision, d'accord seulement pour détruire etajoulaquele moment où la Société était menacée par les anarchistes semblait mal choisi pour toucher à la loi constitutionnelle. Ces courtes observations auraient clos le débat, si M. Camille Pelletan n'avait pas reproché au chef du Gouvernement d'être l'allié et le prisonnier des gros capitalistes, des membres de la Droite et du Clergé. Cette critique très vive, très éloquente de la politique générale du Cabinet ramena M. Casimir-Périer à la tribune et lui inspira le discours le plus important qu'il ait prononcé pendant son Ministère.

Dès le premier mot, il place la question sur son vrai terrain, en constatant que c'est moins la Constitution que le Cabinet qu'il s'agit de reviser. 11 reproche à la minorité de chercher à annihiler et la majorité et le Gouvernement. A la politique du dénigrement systématique, il oppose l'œuvre accomplie par le Cabinet en trois mois ; présentation par le garde des sceaux d'un projet sur les justices de paix; par le ministre de la Guerre d'un projet sur les réquisitions et les moyens de transport et d'un projet de réorganisation de l'artillerie et du génie ; par le ministre des Finances d'un

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(projet de relèveinent des droits de succession et d'un grarni 'nombre d'utiles réformes, comprises dans la loi de Financer, sans parler des projets d'ordre économique et social et des négociations commerciales engagées avec l'Espagne et les États-Unis. M. Casimir-Périer met en face de la politique des gt^ands programmes, qui est la politique des grandes déceptions, celle des programmes restreints et des questions sériées et limitées. Il recommande surtout, comme M. Goblet en 1888, un retour à la vérité du régime parlementaire. Il proteste qu'il ne resterait pas au pouvoir, cinq minutes après que la majorité républicaine aurait cessé de le seconder. Lui qui n'a jamais été que républicain, il évoque avec flerté le souvenir des deuK Périer qui, en 1830 et en 1871, ont été de grands serviteurs du pays, adversaires de toutes les réactions et partisans de tous les progrès. Il ne veut pas donner la garde du drapeau républicain aux -ralliés, auK néophytes, ni leur confier le commandement : il leur impose un stage préalable. Il justifie la politique religieuse du Goovernement et trouve une formule heureuse pour déflnir la liberté de la conscience, qui n'est pas seulement le droit de ne pas croire, mais aussi le droit de croire. Il réclame énergiquement du Clergé l'exemple de la pacification et du respect des lois. Comme M. Pelletan, M. Casimir-Périer fait appel au parti républicain, avec lequel il a, toute sa vie, combattu le bon combat, à la Chambre et dans le pays. Il proclame que la République se doit aux faibles, aux déshérités et, comme il a débuté en opposant l'opinion de M. Goblet •en 1888 à son opinion de 1894, il oppose l'opinion de M. Millerand en 1889 à son opinion de 1894 sur la revision constitutionnelle. Pour conclure, il pose la question de conOance. Toutes ces raisons données un peu en désordre, tous ces arguments, présentés sans grand art, mais avec l'acceat d'une conviction profonde, décidèrent la Chambre qui re-

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