‹ Histoire de la Troisième RépubliqueChapitre 81 sur 172 · LE MINISTRE DES COLONIES · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DES COLONIES

pouasa Turgenoe par â95 voix contre 306 et la propositioQ de M. fiourgeok (du Jura) par âll voix contre 307.

Avant la séparation de Pâques la Chambre, après un excellent discours de M. Maurice Lebon, vota une proposition en un article ainsi congu : L'administration des Colonies est érigée en ministère. Le suceès de M. Maurice Lebon était dû à sa connaissance de la question et aussi à son désintéressement : il avait annoncé qu'il donnerait sa démission de sous -secrétaire d*Élat aux Colonies et qu'il ne serait pas candidat au portefeuille. M. Maurice Lebon devait, dans sa trop courte carrière politique, donner d'autres preuves de désintéressement et d'indépendance. Après la ratification du Sénat, M.tBoulanger, président de la Commission sénatoriale des Finances, fut appelé au ministère des Colonies. Son installation au pavillon de Flore obligea le Conseil municipal de Paris à tolérer, non sans récriminations, l'installation de M. Poubelle à IHôtel de Ville.

Nous n'avons pas mentionné, à la Chambre, une interpellation sur les souffrances de la viticulture, parce qu'elle n'avait abouti qu'à l'adoption de plusieurs vœux destinés à rester platoniques. Comme les agriculteurs du Nord et du Centre, les viticulteurs du Sud aspiraient à être protégés.

Au Sénat, le 8 Mars, M. Casimir-Périer avait annoncé que le Gouvernement de Lisbonne, cédant à noire action diplomatique et comprenant le caractère comminatoire du rappel momentané de M. Bihourd, était prêt à faire les concessions dues aux porteurs d'obligations des chemins de fer portugais.

Les vacances parlementaires ne furent localement troublées que par la giève de Trignac, où deux importantes Sociétés s'étaient successivement ruinées. La seconde Société, forcée de se priver des services de 46 puddleurs, consentait à les payer, pendant trois semaines, comme manœuvres, à rai-

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son de ^S centimes Theure ; ils réclamèrent 31 centimes qui furent accordés et le travail semblait devoir reprendre quand la présence de MM. Toussaint, député, et Poulain, secrétaire de la Fédération de Paris, interrompit Taccord presque conclu et arrêta le travail de 12000 ouvriers. Ces faits furent rappelés par M. Raynal, le 24 Avril, jour de la rentrée du Parlement, en réponse à une question de M. Gasnier, député de Saint-Nazaire.

Le 30 avril M. Jaurès interpella sur de prétendues relations du clergé et de la haute banque avec les anarchistes ; il faisait allusion aux velléités socialistes de M. de Mun et de quelques ralliés. M. Antonin Dubost, garde des sceaux, répondit à M. Jaurès que si des complicités quelconques avec les anarchistes étaient surprises, elles seraient réprimées. M. Casimir-Périer, que M. Jaurès avait voulu prendre dans ce dilemme : gouverner avec la Droite ou gouverner avec rExlrème-Gauche, répondit qu'il gouvernerait avec la majorité : celle-ci lui donna 324 voix contre 170.

Après l'adoption, le 1®'' Mai, de Tordre du jour pur et simple, sur une interpellation de M. Chauvière, relative au logement du préfet de la Seine; le 8 Mai d'une autorisation de poursuites contre M. Toussaint, une nouvelle discussion eut lieu, le 17 Mai, sur la politique religieuse du Cabinet, à propos d*une lettre que le nonce apostolique en France avait molu pi'oprio adressée aux évêques. Trois demandes d'interpellation furent adressées au Gouvernement. Sans attendre le développement des interpellations, M. Casimir- Périer fit connaître à la Chambre les négociations engagées avec le Saint-Siège depuis la constitution du Cabinet du 2 Décembre. Aucun, il faut le reconnaître, n'a montré plus de fermeté dans ses revendications et, comme le disait M. Spiiller, plus d'inflexible modération dans la défense des droits de l'Étal laïque. Il en est, du reste, toujours ainsi et les

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