‹ Histoire de la Troisième RépubliqueChapitre 83 sur 172 · CHUTE DU CABINET · texte numérisé non relu

CHUTE DU CABINET

la raisoQ d*être de la République, d*assurer le pacifique fonctionnement du Parlementarisme dans une grande démocratie, d*assurer surtout à la foule des humbles et des déshérités toutes les satisfactions, tout le bien-être auxquels elle a droit, sans porter atteinte aux grands principes de la Révolution française. Sa chute fut d*autant plus déplorable que, par la force des

choses, il fallut remplacer la combinaison du 3 Décembre par une combinaison similaire, ayant le même programme, tendant au même but, défendant les mêmes principes et tous les hommes éclairés se demandèrent avec inquiétude si Tinconsistance de l'Assemblée issue du suffrage universel ne condamnait pas le Gouvernement à une mobilité incompatible avec les longs desseins, avec le travail utile et, par une conséquence forcée^ avec les améliorations matérielles et morales toujours promises au suffrage universel et toujours différées. Gomme M. Gasimir-Périer Pavait si bien dit luimême, à Troyes, au mois d'Avril 1893, le désespoir suit de près les attentes trompées et les esprits trompés sont bien près de la révolte.

L'accident du 2â Mai 1894 eut une dernière et très malheureuse conséquence : il plaça le chef du Gabinet renversé dans l'état d'esprit qui devait se révéler le 15 janvier 1893, et^ par suite^ il compromit la stabilité présidentielle^ après la stabilité ministérielle. Certes^ dans une démocratie, il n'y a pas d'hommes indispensables ; mais les démocraties, autant que les autres régimes^ sont intéressées à ne pas faire une trop grande consommation des hommes capables d'occuper les premières places de l'État.

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