INTERPELLATION GOBLET-PELLETAN
d'armée qu'il ne nommait pas, mais que tout le monde désignait : c'était le général deGalliffet. Le ministre affirma qu'aucun général commandant de Corps d'armée n'avait tenu le langage qui lui était prêté et l'incident fut clos. Le lendemain, 5 Juin, M. Pascbal Grousset revint à la charge : il ne réussit qu'à faire voter, par 409 voix contre 37, un ordre du jour « flétrissant les accusations si légèrement apportées à la tribune». Nous ne relatons ces incidents, assez minces en réalité, que parce qu'ils devaient avoir quelques années plus tard, un grand retentissement; personne ne pouvait prévoir, alors, combien l'écho s'en prolongerait et grossirait en 1899 et en 1900.
Les radicaux de la Chambre purent mesurer leurs effectife à l'élection du président, en remplacement de M. Charles Dupuy. Leur candidat, M. Léon Bourgeois, ne réunit que 187 voix contre iil k M. Casimir-Périer et M. Burdeau fut porté à la vice-présidence par âOl voix, sans concurrents. Malgré cette constatation peu encourageante, MM. Goblet et Pelletan voulurent interpeller le Cabinet sur sa formation. Cette formation, selon eux, n'avait pas été constitutionnelle. Fallait-il, pour qu'elle le fût, prendre des ministres dans tous les groupes qui s'étaient coalisés le ii Mai? La Chambre ne le pensa pas, puisqu'en réponse à l'interpellation, elle vota un ordre du jour de confiance, déposé par MM. Isambert et André Lebon, qui réunit 316 voix contre
Les autres discussions intéressantes qui vinrent devant la Chambre, au mois de Juin, furent relatives aux caisses de retraite des ouvriers mineurs, à la revision de la loi de 1884 sur les Sjrndicats professionnels, à l'attitude politique des membres de l'enseignement et à la limite de garantie d'intérêt par l'État pour les obligations de chemins de fer. Le projette la loi relatif aux caisses de retraite des ouvriers
miDeurs fut adopté par la Chambre, le 9 Juin, à runanimité moins deux voix, tel que l'avait adopté le Sénat. La loi fut promulguée le 29 Juin. Elle comprend quatre titres et 21 articles. Son principe est rétablissement des retenues obligatoires sur le salaire des ouvriers et l'imposition aux patrons de sacriQces égaux à ceux des ouvriers. Les sommes versées par les ouvriers sont mentionnées sur un livret individuel et l'ouvrier en reste propriétaire, s'il quitte la mine. A la suite d'une longue discussion devant la Chambre, que l'attitude irrésolue du Gouvernement contribua à rendre incohérente, la réforme projetée de la loi de 1884 sur les Syndicats professionnels, n'aboutit pas. L'urgence votée fut retirée et une seconde délibération devint nécessaire.
Le 21 Juin l'interpellation de M. Thierry Cazes à M. Leygues, sur les mesures prises par lui à l'encontre des universitaires qui faisaient de la politique, aboutit à un ordre du jour de confiance déposé par MM. de Lasteyrie, Chaudey et Codet. M. Leygues avait répodu qu'il tiendrait la main à ce que les universitaires n'intervinssent ni dans les luttes locales ni dans les polémiques irritantes, en ajoutant que les fonctionnaires déplacés avaient reçu des changements plutôt avantageux, ce qui permit à un spirituel interrupteur de s'écrier : <( S'ils avaient fait davantage, vous les auriez nommés recteurs. ))
La discussion de la garantie par l'État aux Compagnies de chemins de fer fixa le terme de cette garantie au 3i Décembre 1914 ; mais la question ne fut pas épuisée parla discussion de Juin 1894, elle devait revenir devant la Chambre, elle devait provoquer des accidents ministériels et, par contrecoup, une démission présidentielle. Il ne faut en retenir que les très brillants débuts à la tribune, comme membre du Gouvernement, du jeune ministre desTravaux Publics, M. Barthbu. Le plus grand succès de tribune fut remporté le 7 Juin,