DISCOURS DE M. FLOQUET
nelles. » Eu conséquence il pouvait suffire du simple dépôt et de la demande de renvoi à la Commission...
M. DE La Rochefoucalud, duc de Doudeauville.;. qui ne veut pas de la révision. {Très bien.' à droite).
M. Labordère. — Vous n'avez pas le droit de parler au nom de la Commission...
M. de la Rochefoucauld. —Vous non plus !
M. Labordère. — Vous savez bien que la majorité de la Commission veut la revision aussi énergiquement que personne au monde et qu'elle est résolue à la porter devant la Chambre.
M. DE La Rochefoucauld. — J'affirme que la Commission, tout en disant qu'elle veut la revision, n'en veut pas. C'est ma convictioD. [Applaudissements à droite.)
M. le comte de Lanjulnais. — Ce qui prouve qu'elle n'en veut pas, c'est qu'elle ne nous apporte pas de rapport !
M. LE Président du Conseil. — Monsieur de La Rochefoucauld, permettez-moi de vous le dire avec beaucoup de déférence, vous avez eu tort d'engager votre parole loyale dans cette affirmation, car j'allais ajouter justement qu'il y avait, outre les propositions qui ont été envoyées à la commission, la déclaration nette, claire, dans laquelle le Gouvernement persistera, que j'ai eu l'honneur de faire à la Commission il y a deux jours. (Bires et interruptions à droite.)
Vous pouvez en rire. Messieurs, et d'autres peuvent me faire des éloges que je n'accepte pas, en disant que j'ai abdiqué mes opinions et mon programme; mais ce qui est vrai, c'est que dans la Commission, comme à celte tribune, je reste fidèle aux déclarations que j'ai faites, il y a bien longtemps, dans les discours que j'ai prononcés au cours de la discussion sur la revision, et notamment le 30 Juin 1884, discours que vous pourriez lire, si c? n'était pas une trop grande fatigue pour vous, et que je ne prétends pas vous imposer.
M. Paul de Cassagnac. — Nous l'avons lu.
M. LE Président DU Conseil. — Eh bien, relisez-le. Je n'y change pas un mot.
M. CuNÉo d'Ornano. — Je l'ai ici ; il est excellent !
A gauche. Laissez parler !
M. LE Président. — Monsieur Cunéo d'Ornano, si vous persistez à interrompre, je vous rappellerai à l'ordre avec inscription au procès-verbal.
M. LE Président du Conseil. — Ce qui est également vrai, c'est que je suis resté fidèle à la déclaration, qui a été comme le cop Irat entre le Gouvernement nouveau et l'Assemblée, à la déclara-
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lion qae j'ai portée à la tribune, le premier jour où nous sommes venus devant vous ; que je suis resté fidèle à Tesprit même desparoles que j*ai prononcées'le 19 avril, quand, entre les deux vacances, la Chambre s'est réunie passagèrement, et qu'elle nous a accordé on ordre du jour de confiance, précisément à la suite des paroles que je rappelle.
Je ne permets à personne de dire que la résolution que nous avons prise, que la volonté que nous avons exprimée, la promesse faite par nous ne seraient que des illusions. Nous avons dit et nous répétons que nous présenterons un projet de revision à notre heure... (Exclamations ironiques et rires à droite. — Applaudissements à gauche.)
M. Sevaistre. — Vous êtes un simple opportuniste.
M. Laguerre. — Vous tenez le même langage que M. Jules Ferry en 1884. [Exclamations à gauche).
M. LE Président du Conseil. — ... à notre heure, qui ne serait certainement ni la vôtre, ni celle de l'honorable membre qui a parlé au commencement de cette séance, mais à une heure qui ne nous condamne pas à une vaine espérance, ni à un délai indé< terminé, puisque nous avons i\\è des dates qui reculeraient, cette discussion de quelques mois à peine. [Très bien! très bien.' à gauche).
M. Larociie-Joubert. — Pourquoi pas tout de suite?
M. Benjvmln Raspail. — Ne répondez pas! [Rires adroite.)
M. le Président du Conseil. — Ce n'était donc. Messieurs, ni pour appuyer sérieusement une proposition de revision, ni pour répondre, comme on l'a dit, aux déclarations que j'avais faites avant-hier devant la Commission de revision, que le manifeste de M. le général Boulanger a été porté à la tribune. [IntetTuptious à droite, f
Il est très difficile, Messieurs, de parler au milieu de toutes ces interruptions.
M. Paul de Cassagnac. — M. Boulanger s'en est aperçu, tout à riieurc, quand il était à la tribune.
M. Millerand. — Mais il lisait son discours !
M LE Président du Conseil. — L'honorable député du Nord a tout simplement voulu notifier, probablement à ses électeurs qui commençaient peut-être à murmurer de son absentéisme. {Exclamations à droite. — Assentiment à gauche.)
M. Camille Dreyfus, s'adressant à la droite. — Vous en répondez donc?
M. le Président du Con«5Eil... que, au milieu de ces 580 rois qu'il a publiquement stigmatisés, il ne voulait pas jouer le rôle