‹ Histoire de la Troisième RépubliqueChapitre 97 sur 172 · DISCOURS DE M. DE FREYGINET · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. DE FREYGINET

car elle dominerait absolument notre pouvoir. En matière de salaires, cette question si aiguë dans la plupart des grèves, le Gouvernement ne peut agir qu'indirectement, par rinfluence morale...

C'est l'évidence même ; ce que je dis est l'A B G de la science économique.

M. MiLLERAND. — L'A B G de M. Bastiat.

M. LE Président du Gonseil. — Je vous demande pardon, je n'ai pas appris la science économique seulement dans les livres ; je l'ai étudiée peut-être dans un plus grand nombre d'industries que vous-même : car j'ai passé les deux tiers de ma vie dans l'industrie. J'ai employé des ouvriers, je les ai suivis de près, je connais leurs mœurs et leurs besoins, et ce n'est pas en théoricien que je parle des faits économiques. Ici, j'ai le courage, non comme membre du Gouvernement, mais comme simple citoyen, de dire qu'il ne faut pas faire naître certaines illusions.

Il y a, au contraire, des questions sur lesquelles le Gouvernement est armé de droits positifs, et il faut qu'il les exerce.

Ces questions sont celles qui touchent à la conservation du travailleur, à l'hygiène...

Vous riez. Messieurs ; on voit bien que vous n'avez pas parcouru les établissements insalubres, où la vie du travailleur est abrégée de dix, de quinze années, par la nature même du travail.

Quand le représentant du Gouvernement, ici, s'exprime avec un souci sincère des travailleurs, vous l'interrompez d'une façon qui n'est pas, je puis le dire, en harmonie avec la gravité de la question qui se débat.

Oui, il est des questions en vue desquelles le Gouvernement est armé, ou pour lesquelles le Parlement peut lui fournir des armes : ce sont les questions d'hygiène, de salubrité, les questions qui se rattachent à la fixation des heures de travail ; car je suis un partisan de la fixation de la durée du travail par les pouvoirs publics, dans une certaine limite, bien entendu, lorsque la durée du travail importe à l'hygiène. Il y a des travaux dont la durée — et presque tous les travaux industriels sont dans ce cas — intéresse la conservation du travailleur. Lorsque la durée du travail se prolonge au point de compromettre l'existence, la santé des ouvriers, les pouvoirs publics ont le droit d'intervenir.

Un sujet extrêmement délicat a été louché à cette tribune, et, soyez-en certains, c'est l'un de ceux qui préoccupent le plus les travailleurs : je veux parler de la question du chômage et des caisses de retraites.

Ces deux préoccupations inquiètent en ce moment les ouvriers,

APPE.NDICK

ire que la question des salaires. Les travaillears — cl je gens avec lesquels J'ai souvent causé, dont j'ai sonde les Qtimes, — envisagent arec anxiété cette perspective que ail venait à leur manquer, par suite d'accident, de malai toute autre cause de force majeure, ils se trouveraient nt plongés dans la misère. Ils ne sont pas moins éraus de l'an bout d'un certain nombre d'années, ils pourront épae trouver sans ressources.

n, s'il ne nous est pas possible d'agir directement sur les qui emploient des travailleur?, nous devons les pousser nos elTorts dans cette voie. H y a plus : en matière de je crois que les industries privées sont capahles d'urgadaider à organiser autour d'elles des caisses efficaces de parce que ces caisses ont un olijectif éminemment traosiuxe que, si l'ouvrier quitte un établissement, il n'a plus :clanier de la caisse de secours qui a fait, tant qu'il est i)s cet établissement, ce qu'elle avait à faire, en le protênlre les chômages accidentels dont il a pu être victiroe- ,*ons donc employer tous nos efforts à développer la fondes caisses de secours, et je crois qu'il serait possible à leur donner une forme saiisfaisante, même ;ans le COD- : l'Etal. Mais il est une seconde catégorie pour laquelle je ai, le concours de l'Etat indispensable : c'est la caisse des , parue qu'elle a besoin de s'appuyer sur quelque chose de ni, qui dure en quelque sorte inUéliniment.

claralions que je vous fais, vous montrent que ce n'est jourd'hui que je m'occupe de ces questions.

,LEii ssn. — Seulement il y a la grève du Pas -de -(Valais. PiiEMDENT i>u Conseil. — J'ai passé de longues années à ier. Je répète que la qucsliun des caisses de retraite les forces des industries particulières. Malgré toute leur jlonté, elles ne sauraient oITrir aux ouvriers ce quelque : permanent, qui dure à travers les années et leur donne .nlies nécessaires. Et c'est précisément paicc que nous pénétrés de cette conviclion que M. le miiii.sire de l'inlélèposQ -~ je dis CI nous n parce que tous les membres du sont solidaires dans des actes semblables, dans toutes les s importantes qui vous sont soumises... Donc, M. le de l'Intérieur a déposé récemmeni, au nom du Gouverne- I projet auquel il a attaché son nom, et que, pour ma part, Jesiiné à être adopté par l'i Chambre — tout au moins 1 principe (je laisse de côté les modH'ications de détail sur s je n'ai pas à insister), parce qu'il remplit cette condition

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