DISCOURS DE M. DE FREYCINET
celui que faisaient entrevoir les pessimistes, des solutions qui apporteront peu à peu l'apaisement que nous désirons tous. En conséquence, je vous demande d'émettre un vote qui fera comprendre aux travailleurs, qui s'agitent en ce moment, dans quels sentiments cette discussion s'est dénouée devant la Chambre.
'émenceau sur ki reUilions de l'Etal et de l'ÊijïU'
. — Messieurs, je viens on deux mois joimire ma on honorable ami, M. Brisson, pour obictiir une irnemeril h la queslion qui lui a éli'i posée, c Pivsiileiil du Conseil a fait la lumière complèle ui nous est soumise, je dois confesser que je n'y C'esl une preuve de plus que la grande lumière
nande, non un sopiilément de lumière, mais une
slribuéc, qui me permette d'apercevoir les diffé-
question.
endu deux Wis M. le Président du Conseil et nous
■e actuelle, nous poser celle question : le Gouver-
ir ou contre l'urgence? sans que personne soit en
une question n laquelle il faut répondre. Je sais 'ésident du Conseil a apporte à cette tribune une iptieuse. Suiiant lui, le sens du vole rcsuUo, non e, mais d'une certaine direction d'inleniion, qui tains cas, le vole de l'urgence a un sens déicrminé lement conlraire. On nous a expose qu'il fallait
conscience de chaque député, pour savoir avec i'y passait et déterminer le sens du vute.
ésident du Conseil, c'est là un travail auquel nul
se livrer. Les bulletins de vote ne parlent aucun ; sont simples; ils sont brutaux; c'est oui! ou
z quelle est la signification du vote qui va être ojet de loi qui est votre? Tout le monde le sait, de vous le dire. Je vais vous le répéter, aquelle nous sommes engagés contre l'Église, doit it à la séculaiLsaiion complète de l'Élal ; c'est le 1 Révolution, il ira plus ou moins vite, plus ou
moins lentement, mais il arrivera un moment où on pourra se retourner vers TEglise, comme au trefois vers le Tiers état et lui dire : « Qu'étiez-vous hier? Tout. Qu'étes-vous aujourd'hui? rien. »
Quand je dis « rien, » je lui fais cependant la part assez belle, car je lui laisse — ce n'est pas la part du législateur — la conscience humaine.
C'est que, dans l'Église catholique, il faut distinguer deux choses : il faut distinguer les croyances qui ne sont pas de notre ressort, sur lesquelles nous n'avons pas d'action. Nous pouvons nous prononcer sur elles individuellement, nous les approuvons ou nous les blâmons, nous les partageons ou nous les répudions, ce n'est pas affaire de discussion parlementaire. Et puis, il y a cet autre fait, qu'aucun de vous ne peut méconnaître ici. C'est que l'Eglise catholique est la plus grande construction politique qui ait jamais existé ; c'est qu'elle a été maîtresse de ce pays pendant mille quatre cents ans, qu'elle l'a dirigé, gouverné, modelé à sa façon, qu'elle en a fait ce qu'elle a voulu.
C'est contre cet organisme politique, que nous sommes en lutte ; et quelle lutte! Est-ce que nous avons résolu de le détruire'? Oui, en tant que pouvoir politique, en tant que pouvoir dominateur. Et cela n'est juste, et cela n'est possible qu'à la condition de faire leur part aux catholiques comme à tous les autres citoyens dans la Képublique, en leur assurant leur part de liberté, qui est la même, quoi que vous en disiez, que la nôtre, en leur assurant leur part de justice, celle à laquelle ils ont le droit, comme tous les citoyens français.
Et lorsque, renversant les rôles, vous me demandez la signification du projet de loi que vous avez déposé, je vous réponds : que vous le vouliez ou que vous ne le vouliez pas, ce projet de loi constitue à notre profit un pas en avant dans la lutte du pouvoir civil contre le pouvoir catholique, contre le pouvoir religieux.
Que vous le vouliez ou que vous ne le vouliez pas, quelles que soient les intentions à Gauche, à Droite, au Centre, cela impoite peu au résultat. Le jour où ce projet do loi aura force de loi, la sécularisation du pouvoir civil aura fait un pas de plus.
Je vois des signes de dénégation de la part de M. le Ministre des Affaires Etrangères et de la part de M. le Président du Conseil : j'en suis heureux. Je vais essayer de répondre à la pensée qui, sans doute, est dans leur esprit.
Est-il donc nécessaire de répondre sérieusement à l'argumentation de M. le Président du Conseil, qui prétend que les congrégations ne font pas partie de l'Eglise catholique ? Je sais qu'il a reçu des lumières spéciales du Pape, mais enlin, moi qui ne suis pas
dans ce cas, je juge avec le sens commun ; je dis que les congrégations sont le pouvoir militant de l'Église, quecesonl les congrégations qui^ dans le passé, ont combattu le plus vaillamment pour elle, et qui, dans le présent, sont au plus fort de la bataille.
Il faudraîl de longs développements pour dire les inappréciables services qu'elles lui ont de tout temps rendus, sous la direction suprême du chef de l'Église. Comment osez-vous soutenir qu'elles sont en dehors de l'Église? Cela est bon à dire ici à des députés, mais c'est une distinction à laquelle le pouvoir catholique suprême ne souscrira jamais. Il le voudrait qu'il ne le pourrait pas; ce serait consentir bénévolement à l'amputation de ses membres!
Que vous le vouliez ou que vous ne le vouliez pas, votre loi est faite contre les congrégations religieuses ; si vous les soumettez à la loi que vous avez proposée, ce sera un nouveau triomphe du pouvoir civil sur le pouvoir théocratique.
Je lésais bien, vous croyez naïvement qu'il y a une très grande subtilité à ne pas le dire; vous croyez qu'il y a une très grande habileté parlementaire à poser, à cette tribune, la question de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui ne s'y pose pas actuellement. Non, non ! il faut ramener la question à ses véritables termes. Il ne s'agit pas en ce moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais vous, qui dites que l'heure de cette séparation n'est pas arrivée, ne sentez-vous pas que vous contribuez — malgré vous peutêtre — à hâter sa venue et que, quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, vous ne pouvez vous soustraire au mouvement qui entraîne toutes les sociétés modernes vers la sécularisation complète de l'État ?
Quand vous aurez fait rentrer les Associations religieuses dans la loi civile que vous préparez, savez-vous ce qui se passera dans l'esprit de tous les citoyens? On se dira : voilà les associations religieuses qui vivent sous la loi commune; pourquoi la grande association, l'association religieuse par excellence, l'Église catholique, ne pourrait-elle pas en faire autant?
C'est ainsi que, tout en combattant la séparation de l'Église et de l'État, vous rendez à cette cause un éminent service. De sorte que je ne saurais dire comment il faut, pour être équitable, caractériser votre attitude à l'égard de la séparation de l'Église et do l'Etat. Vous la servez en la combattant, ou — peut-être préférezvous cette formule — vous la combattez en la servant.
Eh bien, assez d'ambiguïtés et de réticences! Il est temps que la question soit nettement posée! 11 faut que nous sachions comment nous allons voter. Quanta moi, je vous le répète, que vous le vouliez ou que vous ne le vouliez pas, votre projet de loi est un pas
de plus vers la sécularisation définitive du pouvoir civil; c'est un pas fait en avant par le pouvoir civil, dans sa lutte contre le pouvoir de la théocratie.
Un dernier mot. Il me parait que le Gouvernement est en proie à une illusion dangereuse, qui faussera toujours, comme elle Ta faussée jusqu'ici, toute sa politique. Vous nous avez dit, tout à riieure, que vous visiez à séparer les partis monarchistes du pouvoir catholique, que les monarchistes ne pouvaient pas être ramenés, mais que vous ramèneriez l'Église à la République. Il n'y a pas de plus décevante illusion ! Tout au contraire, vous ramènerez plus ou moins vite les partis monarchistes, mais vous ne ramènerez jamais l'Église.
H y a pour cela cent raisons. Les bonapartistes? Je ne sais pas pourquoi, il y a encore des bonapartistes : nous vivons sous le régime de la Constitution de l'an VIII...
M. Paul de Gassagnac. — Oui, mais il y a trop d'Empereurs !
M. Clemenceau. — Nous appliquons à chaque instant les décrets de 1851 et 1852. Il y a cent raisons pour que les bonapartistes entrent dans une République, qui est déjà à eux pour une bonne part ; ce n'est pas ce qu'il y a à dire de mieux en sa faveur.
Les légitimistes? 11 ne s'agit que d'interpréter le droit divin d'une façon plus moderne et on dira du suffrage universel : Vox populij vox Dei, Et maintenant que le dernier représentant de la branche ainée a disparu, les vrais légitimistes n'ont plus qu'à accepter une République déjà légitimée parle suffrage universel et qu'ils légitimeront eux-mêmes définitivement par une édifiante union.
Les orléanistes, les partisans du régime bourgeois du cens et du juste milieu ? mais qu'est-ce qu'il leur faut de plus? Qu'est-ce qui leur manque, en vérité? Ce sont des ingrats. N'avez-vous pas deux Chambres, comme sous la Monarchie, avec les oligarchies bourgeoises de la Monarchie de Juillet et le suffrage restreint ? N'avezvous pas un pouvoir central très fortement constitué?
Y a-t-il tant de dislance entre un Président de la République à vie, qui s'appelle Roi, qui peut régner une moyenne de dix à quinze ans, et un Roi élu, qui s'appelle Président de la République et qu'on peut réélire indéfiniment?
Non, quand vous écarterez les questions de mots, quand vous voudrez pénétrer jusqu'au tuf, ne considérer que la réalité, vous verrez que votre place, Messieurs les monarchistes, est toute prête et que vous pouvez entrer dans la maison.
Mais il y a une chose que vous ne pourrez pas faire, Messieurs du Gouvernement, c'est d'amener l'Eglise catholique à vous ser-
vir, autrement que dans la mesure de ses intérèls de pouvoir dominateur.
C'est qu'elle est placée plus haut, c'est qu'elle voit de plus loin, c'est qu'elle embrasse d'un coup d'oeil le vaste espace d'une longue histoire, et que toute cette histoire se résume dans ces mots : rÈfflise n'est rien si elle n'est tout.
Sur toutes les questions, elle a réponse à tout ; elle est une grande conception morale, elle est au-dessus de tous les intérêts humains qui peuvent s'agiter sur la terre, et, par-dessus tout cela, elle représente la théorie même de la théocratie, elle a seule le droit de gouverner les hommes, sans que leur consentement soit nécessaire, et ayant la vérité absolue, la vérité divine, la vérité par excellence, elle possède a fortiori la vérité terrestre.
Et c'est vous. Gouvernement laïque, Gouvernement de parvenus, qui voulez ruser avec un tel pouvoir, un pouvoir éternel, qui tient les balances de la justice dans ce monde et dans l'autre ! La lutte est possible entre les droits de l'homme et ce qu'on appelle les droits de Dieu. L'alliance ne l'est pas. En tout cas, la lutte est engagée, il faut qu'elle se poursuive. L'avenir dira le vainqueur. Mais réunir, associer les contradictoires, toute votre subtilité, tout votre art n'y suffirait pas. Je vous le dis, vous n'êtes pas de force à ruser avec le Pape : vous feriez mieux de vous rendre tout de suite.
M. DE Baudry d'AssoN. — Qui mange du Pape en meurt !
M. Clemenceau. — H n'y a qu'un moyen de ramener l'Eglise, c'est d'abandonner votre principe pour le sien. Le reste n'est que pure fantasmagorie. Rappelez-vous le remarquable discours que mon honorable ami, M. Pichon, prononçait ici il y a quelques semaines; rappelez-vous l'alliance de l'Eglise — toujours à son profit, — avec les divers Gouvernements qui se sont succédé dans ce pays, et la réponse sera faite aux prétentions que vous manifestez aujourd'hui. On vous tend la main, dites-vous, mettez-y la vôtre : elle sera si bien étreinte, que vous ne pourrez plus la dégager. Vous pourrez être, vous serez prisonniers de l'Église. L'Église ne sera jamais en votre pouvoir.
Napoléon a tenu le Pape prisonnier à Fontainebleau : vous connaissez la revanche. Vous n'êtes pas plus forts que Napoléon !
Je vous dis que vous ne ramènerez pas l'Église, parce que l'Église veut précisément le contraire de tout ce que nous voulons.
11 n'y a pas une loi que nous ayons volée, il n'en est pas une que nous nous préparions à voter, qui n'ait été formellement condamnée par les Papes qui se sont succédé à Rome.
Vous Je savez, et le sachant, vous venez nous dire, — avec plus
de candeur que vous ne pensez, — que vous vous proposez de séparer l'Église des partis hostiles à la République et que vous ferez entrer le Pape dans le giron républicain !
C'est une entreprise qui est au-dessus de vos forces, au-dessus des forces humaines, parce que les deux éléments que vous prétendez réunir sont inconciliables, contradictoires; pour tout dire d'un mot, ils s'excluent.
Eh bien ! Monsieur le président du Conseil, s'il en est ainsi, je vous demande une réponse nette et franche.
Êles-vous pour ou contre l'urgence de votre propre projet de loi? Si vous êtes pour l'urgence, moi qui suis partisan de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, je vous dis merci ! Si vous êtes contre, je n'ai plus rien à vous dire. Je vous laisse en tête à tête avec les amis autorisés de l'Église romaine. Entendez-vous avec eux ; je n'ai rien à y voir.
Discours de M. Ricard â la Cliambre des députés.
(Séance du 9 Avril i»92.)
CAHD, Garde des Sceaux, Ministre delà Justice et des Cultes.
ïieurs, le Gouvernemenl csl rermemcnt décidé à ne pas
les manires lai ions de la nature de celle qui vient d'être
r l'évéque de Heade. (Ajijitaudissements répétés à gauche et
'■e. — Exclamations â droite.)
ki pas encore entre les mains le texte ofriciel du mande-
ui a été adressé par M. l'évéque de Mende aux prêtres cJe
cèse et qui a paru hier en dernières nouvelles dans un joiir-
soir, en même temps qu'il était publié dans la Lozère, ilais
ncdiatement télégraphié au préfet pour lui demander de
yer ce document. Dès quil me sera parvenu, je le déférerai
seil d'État. (Aiiplaudissemenls tronitjucs à droite.)
E PROVOST DE Launay. ~ OÙ H sera jugé par M. Ilerbclle
lilleuse). {Riresd droite.)
: Garde des Sceaux. — Peut-être, mes chers collègues, ne
erez-vous pas mes déclarations des mêmes applaudi:ise-
quand vous m'aurez laissé achever ma pensée.
rmerai un recours pour abus contre l'évéquede Hende, ainsi
viens de le dire, et en même temps j'u.serai vis-à-vis de ce
des pouvoirs disciplinaires dont le Gouvei-acmenl dispose,
irimant son traitement. {Nouveaux applaudissements ii-o-
î droite. — Vive approbation à gauche.)
î BARO.N DE Mackau. — C'est tout ce que nous demandons.
JUEL. — C'est l'insurrection cléricale !
c'STAVE Rivet. — I] fallait interdire.la lecture du document
s églises î {Bruit.)
AUL DE Cassagnac. — J'ouvrirai une souscription ce soir.
l'en .' et rires à droite.)
t Garde des Sceaux. — Vous pouvez vous réjouir de celle
E BARON DE Mackau. — Vous pensiez que nous n'applaudi- >as : vous devez être satisfait.
DI:iC0L'R3 OE U. RICARD
H. LE Garde des Sceaux. — Je suis heureux de vos applaui sements, vous devei comprendre pourquoi.
M. LE PnÉSiDENT. — Laissez M. le Miuistre s'expliquer.
H. LE Garde des Sceaux, à la Droite, — Vous ne me troubl( pas par vos inlarruptions.
Le Gouvernement pense — el le pays, j'en ai la conviction, p sera comme lui — qu'il n'est pas possible de recourir aux sa lions dont je viens de parler contre de simples desservants qui font que suivre des inslruclions... [Exclamations ironique^ droile.)
M. Lotirs JouRDAN. — La responsabilité est plus haut, en el
M. le Garde des Sceaux. — ... sans atteindre ceun-tà même qui ces instructions émanent. [Trts'hien ! 1res bien! à gauche.)
L'évéque de Mende a, en quelque sorte, décliainc la guerre d son diocèse.
M. Lnuis JouRDAN. — Et depuis longtemps.
M. le Garde des Sceaux. — Quelques-uns de nos collcg appartenant à la députation de la Lo/ère ont protesté contre paroles prononcées tout à l'heure par l'honorable M. Jourdan .
H. DE CoLOMDET. — Et je proteste encore, Monsieur le Minis
M. Jourdan. — Je proteste, moi, que J'ai dit la vérité et i que la vérité; je le maintiens très énergiquement. Je suis mi resté au-dessous de la vérité.
M. LE Garde des Sceaux. — Je tiens sur ce point à éclairer c( plèiemenl la Chambre. J'ai entre les mains un document qui j tilie d'une Taçon éclatante les paroles de M. Jourdan.
Voici deux brochures qui ont été publiées dans le diocèse Mendc parles soins de l'évéque. Permettez-moi, tout d'abord, TOUS lire quelques lignes de la première.
M. Paul deCassacnac. — Cela nous Tera plaisir.
H. LE Garde des Sceaux, — Cela fera également plaisir i Chambre, et je suis convaincu que celte lecture instruira le p qui se demandera s'il est admissible qu'un gouvernement vraim digne de ce nom {ApplautHnsemenli à gauche el au ctnlre. Exclamations ironiques à droite) puisse tolérer de semblal révoltes contre les lois. (Nouveaux applaudifseinents.)
M. PAtL DE Cassacsac. — Si vous aviez traite Béhanzin com cela!
M. LE Garde des Sceaux. — Mon cher collègue, il ne m'ap[ lient pas de vous répondre sur les affaires coloniales. Je n'i m'cxpliquerque sur les incidents qui se sont passés dans le déj tement de la Lozère et qui intéressent l'administration des Cul C'est parce que j'ai sur ces incidents quelques renseigneme 0:dq. Zevort. — Troisiémo République. iv, — 23
utiles à fournir à la Chambre que je suis monté à celle tribune.
Voici ce qui a clé publié, avec « l'imprimatur » de Tévéque de Mende, à la date du 2't Octobre 1891 :
M Les écoles neutres. — But de ce travail. — Notre intentioa n*est pas d'envisager, sous tous leurs aspects, les lois scolaires du 28 Mars 1S82, qu'on a si bien nommées lois scélérates, lois de malheur. » (Très bien! très bien! à droite, — Protestations à gauche.)
« D'autres ont montré comment elles sont l'œuvre de la francmaçonnerie qui, par ce moyen, veut déchristianiser la France. »
A droite. — Cest vrai î
M. LE Garde des sceaux. — « Ils ont fait voir que ces lois sont un outrage contre Dieu, une violation des droits de l'Église, un attenlat contre la liberté des pères de famille... » (Très bien! (rés bien! à droite.)
M. DE La Rochefoucauld, duc de Doudeauville. — Nous pensons absolument comme cela.
M. Le Garde des Sceaux.— a ... Une conspiration contre rame des enfants, une honte nationale... » (Applaudissements à droite.)
M. DE Colombet. — C'est l'avis de tous les catholiques.
M. Paul de Cvssagnac. — Vous pouvez mettre au bas de ce document la signature de toute la Droite.
M. le Garde des Sceaux, s' adressant à la Droite, — Vous avez le droit de monter à cette tribune et de demander qu'on abroge les lois que vous désapprouvez. Tous les citoyens peuvent, eux aussi, critiquer cette législation ; mais...
Un membre de la droite. — Mais pas les évoques.
M. LE Garde des Sce^vux. — ... Mais les évoques, qui sont des fonctionnaires publics... (Vifs applaudissements à gauche et au centre, — Dénégations à droite)^ qui reçoivent un traitement de rÉlat... (Nouvelles dénégations à droite,)
M. Etcheverry. — La Cour de Cassation a dit le contraire.
M. Bigot. — Ce sont des indemnités, ce ne sont pas des traitements qu'ils touchent.
A gauche^ — Qu'ils y renoncent alors !
M. LE COMTE de Lanjuinais. — Ce ne sont pas des traitements qu'on leur sert, c'est la restitution partielle des biens qu'on leur a pris !
M. LE Garde des Sceaux. — ... Sur les fonds du budçet. ..
M. de Benoit. — Ils touchent comme créanciers de l'Etat !
M. LE Garde des Sceaux. — ... Et qui ne paraissent pas disposés à renoncer aux avantages que leur assure la situation actuelle, ne sauraient avoir les mêmes droits. (Très bien ! très bien ! a gauche,)