A B I) - M U I, K K - A R I) R A H IC A
conditions signées par Lutatius et Abd-Melek-Ard, précisément parce que cet instrument diplomatique manquait delà sanction du Sénat et du peuple romain. Ce môme traité des Aegates, tel qu’il fut rédigé par la suite et accepté par les deux puissances contractantes, restait donc U; dernier, dans l’ordre chronologique, qui réglât les relations internationales entre Rome et Carthage; le seul, par conséquent, que Rome pût légitimement invoquer. Or aucune clause de ce traité ne parlait de Sagonte, qu’aucune alliance ne rattachait alors aux Romains'.
Les ambassadeurs de Rome se récrièrent contre cct argument ad hominem , et le prenant de haut :Tant que Sagonte était debout, dirent-ils, on pouvait discuter. Mais maintenant qu’elle est vaincue et détruite, la majesté de l’Empire ne permet ni atermoiement, ni explication. Il faut un désaveu formel, ou la guerre.
A ce défi brutal Ag-Astarolh bondit, et d’une voix toute vibrante d’indignation: Ne parlez donc plus ni de Sagonte, ni de l’Ebre, leur crie-t-il, ni des traités qui vous importent peu, mais que ce qui couve dans vos cœurs se produise enfin au grand jour!
Cette éclatante mise en demeure clôt le débat.
Fabius se lève. Il prend le bas de sa toge, y fait un pli et laisse tomber lentement de ses lèvres, en la scandant dédaigneusement, cette phrase tant répétée depuis : « Dans ce pli, je porte la paix et la guerre; choisissez! »
Choisissez vous-même! lui réplique-t-on de toutes parts.
Eh bien! la guerre! dit Fabius en secouant sa toge. Et il sort du Sénat, entouré des autres commissaires qui l’accompagnent.
La guerre! soit! s’écrient les sénateurs de Carthage dans un élan de patriotique fierté qui dut réjouir, au fond de leur tombeau, les ossements refroidis du grand Abd-Melek-Ard2.
La seconde guerre punique venait d’être ainsi déclarée au milieu d’un enthousiasme universel. On était aux premiers jours de l’hiver (219-218).
• Polype, ui, 21.
s Tite-Live, xxi, 18. — Diodohe de Sicile, xxv, fragm. — Polybe, ni, 21. — Siliis Italicus, Puniq. — Flohus, ii.
HANN-BAAL