LIVRE TRENTE ET UNIÈME
lah, furent nommés précepteurs des princes. Damad-Ibrahim se rendit au sérail suivi de tout son cortège; il y entra par la porte du jardin contiguëà rhôpital^ qui oUvre sur la première cour du palais impérial. Le defterdarj le reïs-effendi, le maître des cérémonies et Raschid^ historiographe de l'empire, à la tête des officiers de la cour, se tenaient debout, chacun devant la tente dressée pour lui. Le grand vizir salua les officiers de la chambre intérieure, placés devant le kiosk des Perles. Son salut lui fut rendu par le maître du salut, qui, dans toute occasionj le rend au nom de celui qui Ta reçu ; car, dans ridée des orientaux^ le droit db salut appartient au)L supérieui*s et non aux inférieurs ; aussri une assem-* blée manquerait-elle aux premières règles de l'étiquette, si elle voulait elle-même rendre le salut du sultan ou du grand vizir. La politique minutieuse du despotisme s'égare à tel point, qu'en fait même de salut, elle veut encore dominer, qu'elle s'irrite de l'initiative prise par le peuple dans son accueil au souverain, et établit un mandataire pour rendre à ce dernier son salut, suivant le mode et à l'instant qu'il a lixés. Mais combien de fois la voix du peuple, longtemps étouffée , n'a-t-elle pas surmonté les entraves que lui imposait rétiquelte des cours, et combien de fois les cris d'allégresse et ceux de: vive
t\S HISTOIRE DE LA TURQUIE.
/ejoadwcAaA/ proférés par les tschaouschsderÉtat, n'onl-ils pas été couverts par celte clameur séditieuse : Nous ne voulons plus de toi.
Au moment où le sultan arrivait au kiosk des Perles y le kislaraga Beschir et Damad-Ibrahim- Pacha s'avancèrent pour l'aidera descendre de cheval, et le conduisirent, en le tenant sous les bras, à la tente dressée pour le recevoir. Immédiatement après, Ibrahim, ainsi que le muphti et le capitanpacha, rentrèrent chez eux pour prendre leur repas, dont les restes servirent à traiter leur suite. Après qu'ils se furent levés de table, le cortège passa par la porte du jardin, dans la seconde cour du sérail, et se rendit à la salle d'audience, où les vizirs et les oulémas se tenaient assis sur le banc de marbre placé à l'extérieur de la grande porte. Un quart d'heure s'était à peine écoulé, lorsqu'on vit paraître, sous la porte de la Félicité y conduisant à la salle d'audience, l'aîné des fils du sultan, Mohammed. Le jeune prince, revêtu d'une kapanidja et portant sur son turban un panache de plumes de héron orné de diamants, était soutenu sous les bras parle khazinedar et le kislaraga ; il donna successivement sa main à baiser aux vizirs, aux oulémas et aux ministres.
Lorsquelesautres princes parurent, lestschaoucbs