LIVRE TRENTE ET UNIÈME. t
les accueillirent par de longs vivats : puis ils les escortèrent jusqu'au kiosk des Perles, où entrèrent avec eux le grand muphti, le capitan-pacha, le chef des émirs , les deux juges de Parmée, le silihdar, ledefterdar, le reïs-effendi, le tschaouschbaschi, le grand--chambellan, l'historiographe de l'empire, le maître des cérémonies, les deux maîtres des requêtes, le scheïk d'Aya Sofia et le maître du salut. Le sullan prit place sur le trône; à sa droite et à sa gauche s'assirent, sur de magnifiques tapis, les princes, le grand vizir, le muphti, le capitanpacha, le chef des émirs, les deux juges d'armée et le scheik d'Âya Sofia ; tous les autres assistants se tinrent debout. Lorsque, sur un signe de Damad- Ibrahim, le scheïk eut adressé, en langue arabe, une courte prière à Dieu, le grand vizir prit dans ses bras l'aîné des princes et le déposa sur le tapis tendu en face du muphti ; puis le silihdar plaça au milieu d'eux un pupitre recouvert de drap écarlate, et le muphti commença à lui montrer les cinq premières lettres de l'alphabet. Le prince les ayant nommées après lui, AchmetllI lui fit signe de baiser la main du muphti ; mais celui-ci l'en empêcha et lui donna un baiser sur l'épaule. La même cérémonie eut lieu pour les deux autres princes. Après qu'ils se furent retirés, les grands dignitaires, qui
avaient reçu la permission de s'asseoir > furent revêtus de pelisses d'honneur, et les ministres et officiers de la cour, que rinfériorilé de leur rang obligeait à se tenir debout, reçurent des caftans. Celle cérémonie terminée, les deux princes puînés obtinrent de la munificence du sultan un cheval richement harnaché, et un Coran enfermé dans un sac d'étoffe précieuse. L'historiographe de rempire, dans la description détaillée qu'il fait de celte cérémonie, dit que le sultan, voyant les efforts des pages, placés derrière les ministres et autres officiers de la cour, pour apercevoir ce qui se passait, ittVita ces derniers, par un signe, à faire place à cesjfeunes gens. Ce fait caractérise Achmet III, et rappelle celte circonstance où le grand vizir, pendant la fête die la nativité du prophète, se levû pour faire place ûUx oulémas pressés par la foule , et porta, avec le juge d'armée, le lapis du muphti devant le bandélâbre, après avoir invité également les moudcrris à s'avancer. Ibrahim donna ainsi un témoignage public de la haute estime qu'il professait pour le corps savant des oulémas. Le désir qu'il avait de leur ôlre agréable se révéla ullérieurcment dans plusieurs circonstances; lorsque, par exemple, il se retidailtt*t)is fois par semaine à l'école fondée par lui, pour assister à la lecture et à l'interprétation du Coran;