‹ Histoire de la TurquieChapitre 106 sur 360 · LIVRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE ET UNIÈME

lorsqu'il assigna aux juges de Métlinc et de Damas un rang supérieur à celui dont ils avaient joui précédemment; lorsqu'il plaça le juge de la Mecque audessus des juges des trois rcsiJences,Conslanlinoplc, Andrinople et Broussa, et ces derniers au-dessusdu juge de Damas; enfin, il leur donna une nouvelle preuve de sa haute estime en élevant à la dignité de jugcd'Alep, Rascliid, Tliistoriographe de l'empire, qui nous a servi de guide dans celle histoire pour un espace de soixante ans, et en confiant remploi de ce dernier au savant légiste, Ismaïl Aazim^ surnommé Koutschouk Tchelebizadé.

Plus heureux que ses prédécesseurs, dont les fils, à Texception d'un seul destiné à occuper un jour le trône, périssaient, suivant une ancienne loi barbare, sous la main du bourreau, Achmet Ilf, depuis les dix années de son règne, s'était vu père de vingt-quatre fils et filles, et la moitié de cette nombreuse progéniture vivait encore. Trois ans s'étaient écoulés depuis le jour où il avait célébré les noces de trois de ses filles et la circoncision de quatre de ses fils. A Topoque oii nous sommes arrivés, il fiança trois autres de ses filles, Aatiké, Kadidjé et Oumm Koulsoum, la première avec Mohammedbeg, la seconde avec Alibeg, et la troisième avec Ahmedbeg, fils de Tscherkes Othman-

Pacha. Mais chacune d'elles, au lieu de recevoir, comme leurs sœurs aînées , une dot de vingt mille ducats, ne reçut que la moitié de cette somme.

Nous avons eu trop souvent occasion de décrire les fêtes usitées lors du mariage des princes et des princesses du sang d'Othman, pour rappeler les solennités auxquelles donna lieu celui des trois princesses ; toutefois le livre des noces ^ plus volumineux de moitié que celui de Wehabi, fait mention d'une circonstance qu'il est d'autant plus nécessaire de rapporter ici qu'elle détruit une des fables, longtemps accréditées en Europe, sur les usages du harem impérial. On croyait et l'on croit encore que le sultan, chaque fois qu'il daigne accorder ses faveurs à l'une des esclaves de son harem, lui jette un mouchoir. Ce qui a donné naissance à cette supposition, c'est l'usage où est la fiancée, en recevant des mains de son paranymplie la corbeille ou présent de noces du fiancé ( présent qu'on nomme le signe honorifique ou nischan des fiançailles), d'envoyer à son époux futur un mouchoir appelé le mouchoir du niscliauj pour lui marquer qu'elle a reçu son présent de noces.

Lorsqu'Achmct III n'était distrait ni par ces fêles nuptiales, ni par des fêtes de tulipes, ni par les pompeuses «olcnnilés religieuses, telles que la

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