‹ Histoire de la TurquieChapitre 107 sur 360 · LIVRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE ET UNIÈME

nativité du Prophète , la visite du manteau de Mahomet ou les processions des deux fêtes du Beiram, il employait le reste de son temps^ soit à faire des visites au grand vizir dont Tactivité lui épargnait tout souci gouvernemental^ soit à inspecter le trésor et l'arsenal. Pendant les soirées fréquentes que le sultan passait chez lui, le grand vizir avait coutume de lui offrir des sucreries exquises ; ces soirées s'appelaient halwa ^ qu'il faut distinguer des fêtes du khalwet^ ou promenade des femmes du harem. Lorsque ces promenades avaient lieu, il était d'usage de proclamer le khalwet y c'est-à-dire la solitude du harem. On obligeait les hommes à se retirer des rues par lesquelles devaient passer les femmes et les esclaves du sultan, sous peine de recevoir des eunuques, sinon toujours la mort, du moins des coups de bâton et des coups de sabre.

Achmet III n'omit jamais de se rendre à l'arsenal lorsqu'on devait y lancer un bâtiment nouvellement construit; aussi la mise à flot du premier vaisseau à trois ponts qui, à cette époque, sortit des chantiers de Constantinople, occupa-t-elle vivement son

attention. Quant h ses visites au trésor, elles n'avaient d'autre but que celui de repaître ses yeux de l'aspect des monceaux d'or et d'argent accumules par la sage économie de Damad-Ibrahim-Pacha.

La paix remplissait les coffres de TEtat et viviliait l'industrie et le commerce. Elle était la pensée fondamentale du règne, et justifiait assez par ses bienfaits la mémoire de Baltadji des accusations des Polonais et des Suédois contre sa prétendue corruption par l'or du czar. Le grand vizir Ibrahim u'clait que le continuateur de celte pensée d'Achniet, dont l'empire recueillait les fruits.

Heureux l'empire , si les avantages trop goûtés de celte paix avec la Russie n'avaient pas induit le grand vizir Ibrahim et le sultan Achmct à une alliance aussi immorale et aussi antimusulmane avec le czar que celle qui^, par des mains chrétiennes, partagea bientôt après la Pologne! Nous voulons parler de la coalition de la Porte et du czar contre la Perse. Reportons d'abord un moment nos regards sur ce royaume de Perse, qui semblait prédestiné, en Asie comme la Pologne en Europe, à une intermittence perpétuelle de gloire militaire et d^anarchic civile.

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