LIVRE TRENTE ET UNIÈME
qui joignent la porte centrale du sérail à celle de la Féliciiéj c'est-à-dire à celle du harem, furent tendues de drap écarlate. Ces divers embellissements firent donner à Tambassadeur persan, par le peuple de la capitale, le surnom de khan récrépisseur Deux fonctionnaires très-versés dans la langue persane, dont Tun était attaché comme aide à la chancellerie d'État, et l'autre secrétaire du divan, furent nommés, le premier mihmandar, et le second, interprète de l'ambassadeur.
Pendant sa traversée de Scutari à Constantinople, Mohammed Khan put apercevoir six grands vaisseaux de ligne rangés entre Beschiktasch et Topkhané, neuf galères peintes à neuf entre la porte de Karakœi et l'entrepôt aux huiles de Gala ta ; sept autres vaisseaux de ligne étaient mouillés dans l'intérieur du port, entre l'arsenal et Constantinople. Pendant la traversée de Scutari à la douane principale, les canons de ces navires et ceux de tous les autres bâtiments à l'ancre dans le port tirèrent plus de neuf cents coups (3 août 1728). En arrivant à la douane , l'ambassadeur reçu le maréchal de l'empire, qui lui ( it, de la du grand vizir, un cheval m; naché. Le cortège fut ouvert • ta guet et par le lieutenant de p( ; v
les trois classes de tschaouschs, ceux du divan, ceux des spahis et des silihdars, et ceux auxquels étaient affectés des fiefs, avec les mouteferrikas, les secrétaires et les procureurs des spahis et les silihdars, les généraux des quatre régiments de la garde de l'étendard , les colonels des janissaires commandés pour le cortège, puis Tambassadeur, sur un cheval harnaché à la mode persane ; derrière lui des esclaves conduisaient sept chevaux de main, qui n'étaient ni meilleurs ni plus fringants, dit rhisloriographe de Tempire, que les chevaux de bois dont on se sert au jeu d'échecs; quarante ou cinquante Afghans, mal vêtus, armés d'arcs ou de fusils, fermaient le cortège.
Le jour où le grand vizir lui accorda son audience, la salle de réception avait été décorée avec un luxe inouï (9 août 1728). L'antichambre ellemême, que Ton nomme la salle de* Nattes^ à cause des nattes de paille qui la recouvrent , fut tendue de tapis de Perse ; ceux qui ornaient la salle d'audience représentaient un parterre de fleurs tout resplendissant de soie, d'or et de perles. Aux pieds du grand vizir, à l'angle du sofa qui est réputé la place d'honneur, était étendue une couverture brodée de perles; h sa droite, on voyait un portefeuille orné de pierres précieuses, et un encrier