‹ Histoire de la TurquieChapitre 111 sur 360 · LIVRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE ET UNIÈME

dont les émeraudes et les rubis projetaient cette vive et pure lumière qui doit jaillir des véritables bons écrits ; à sa gauche était placé un pupitre étincelant de pierreries, sur lequel était déposé un Coran, dont la reliure, en velours noir, était parsemée de brillants. Entre les deux fenêtres, on voyait étalés seize autres Corans, dont les reliures étaient brodées d'or et les sacs couverts de perles ; aux deux côtés de la cheminée , sur cinq pupitres, arlistement ouvrés, étaient disposés des paquets de pelisses retenus par des liens d'étoffe d'or.

Le long du mur qui s'étendait de la cheminée au sofa, étaient placées, sur leurs pieds, huit pendules surmontées de leurs globes de cristal ; plus de cin« quante livres précieux étaient rangés dans des armoires du plus beau travail ; deux grosses montres et trois miroirs ornaient la partie de la muraille comprise entre la cheminée et la porte. Les valets de chambre portaient des ceintures précieuses dans lesquelles étaient fixés des poignards et des couteaux ornés de pierreries. Les ministres d'État, le deflerdar, le reïs-effendi, le Ischaouschbaschi et les soussecrétaires d'État, le chancelier, les maîtres des requêtes et le secrétaire du cabinet, rivalisaient de luxe; mais tous étaient obscurcis par l'éclat des diamants qui ornaient les bagues, la ceinture, le

poignard et les agrafes destinées & fixer les vètemenls du grand vizir. Il était, dit Thistoriographe, tout resplendissant et nageait de la tète aux pieds dans une mer de perles et de pierres précieuses, en sorte que son aspect seul réalisait le vœu exprimé par le salut usité chez les Ottomans : « Que Taide de Dieu soit avec toi. »

Après que les tscbaouschs eurent répondu par cette exclamation au salut du grand vizir, que reçut le maître des cérémonies au nom de rassemblée, les sept vizirs de la coupole, dout cinq étaient gendres du sultan, entre autres le fils et les deux neveux du grand vizir, et les deux autres gendres de ce dernier, baisèrent sa main et s^assirent, le capitan-pacha à sa droite, les six autres à sa gain che ; les ministres d'État et derrière eux les secrétaires d'État se tinrent debout, les mains croisées sur la poitrine ; derrière les secrétaires d^État se placèrent les offlciers de la maison du grand viiir, tout prêts à s'acquitter de leurs diverses fonctions. Les sucreries el le café furent servis dans des vases d'or, ornés de pierres précieuses. Cette collation d'usage terminée, les vizirs se levèrent et allèrent se plac^ en face du sofa ; Tambassadeur alla s'asseoir auprès du grand vizir, sa suite se retira, et il eut alors avec ce dernier un entretien d'une demi- heure, pendant

Page 1