LIVRE TRENTE ET UNIÈME
lequel Dama^^-Ibrahim se plaignit hautement de ce que l'ambassadeur n'avait apporté qu'une lettre du schah pour le sultan, et de ce que le premier ministre de Perse ne lui avait pas écrit.
A la lin de l'audience, le grand vizir fit distribuer des sorbets et des parfums, fit revêtir Mohammed-Khan d'une pelisse de zibeline doublée d'écarlate, et donna à tous les Persans de sa suite de riches caftans et des chevaux couverts de magnifiques housses brodées de perles et de saphirs.
Cependant les prospérités de ce Salomon du Bosphore étaient perfides. Le czar Pierre le Grand était mort, laissant l'empire à Catherine, la pensée de sa politique à Mentschikofl*, son ambition à sa pairie, la Perse à moitié démembrée à ses généraux. Mais un grand homme, aussi féroce et plus guerrier que Pierre le Grand, venait d'apparaître en Perse et de rassembler de nouveau dans une seule main le faisceau disjoint de cette monarchie.
Traçons en quelques traits la figure de ce conquérant, en qui l'âme et le génie de Timour sem- ^ blaient avoir passé de Samarcande à Ispahan.
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Sa vic^ écrite sur les lieux par Minsh-Médhy son historiographe, et par un Anglais résidant dans les camps, laisse peu d'ombre sur son caractère.
Le père de Nadir, Turc d'origine, appartenait à une de ces tribus turcomanes qui s'étaient jetées en Perse à Tépoque de la grande migration. Cette famille était jusque-là obscure, mais noble, car tout ce qui n'était pas esclave en Perse participait à la noblesse collective de la tribu. « Le diamant, «dit à ce sujet Mirza-Médhy, ne tire sa valeur que de son propre éclat et non du bloc de rocher d*où il est sorti! )» C'était un simple tailleur d'habits , gagnant sa vie et celle de sa famille en cousant des manteaux de peaux de mouton. « Dites de moi, » écrivait Nadir à ses ambassadeurs qui demandaient pour lui la main de la princesse Maier-Âllah, fille de Pempereur des Mongols, « dites que je suis fils de Nadir, « (ils et petit-fils de mon épée, et ainsi de père en c( fils jusqu'à la soixantième génération! »
Soldat dès son enfance, bientôt chef d'une hùrde d'aventuriers du Khorasan, qui pillaient et massacraient leurs voisins les Tartares Onzbeks, il avait commencé sa carrière de crimes par le rapt