‹ Histoire de la TurquieChapitre 126 sur 360 · LIVRE TRENTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE ET UNIÈME

Farinée ottomane, menacée sous Bagdad par Nadir ou Thamas Koulikhan, dictateur de la Perse.

Reprenons le récit des exploits et des crimes de Nadir.

X3PCVII

Tahmasp, son roi^gi^B^e, réinstallé, comme on l'a vu, par lui à Ispsdiaç, avait d'abord vaincu les Turcs ; bientôt^ ^éiéit pq^oux dans une seconde bataille, il leur avâiC^ià^^lMlLun traité de paix toutes les provinces de'^lfepidjpPchie au delà de TAraxe. Nadir, éprouvant du simulant une généreuse indignation d'une paix achetée par le démembrement de la patrie, crut trouver dans l'humiliation de la Perse un prétexte patriotique à son ambition, jusque-là patiente, du trône.

« Vu pareil traité, » écl$Vit-il dans une proçlamatldl^à la Perse, a est un attentat contre la volonté a da ciel, car les anges qui gardent le tombeau du « divin Ali, notre prophète, nous appellent hautea ment à la délivrance de ses sectateurs captifs des a hérétiques ottomans. Cette paix avec les Turcs ne a durera pas. Restez tranquilles jusqu'à ce que je a vienne vous trouver. Avec la protection du Trèsex Haut, je vais marcher à la tête d'une armée forte

« de SCS premiers succès, habituée aux sièges, « nombreuse comme les fourmis, vaillante comme (( les lions, et réunissant à la vigueur de la jeu- (( nesse la prudence de l'âge mûr. Que Téchanson,!» dit-il en faisant allusion à une chanson populaire, « avertisse notre ennemi, l'adorateur du feu, de « couvrir [sa tetc de poussière ; car l'eau qu'il avait c( détournée est rentrée dans son lit. »

Ces invocations mystiques au patriotisme et à la foi de la vieille Perse émurent le fanatisme et Torgucil national. L'opinion d'Ispahan vola au-devant de Nadir.

xxxvni

Il arriva, toujours enveloppé d'ambiguïté, sous les murs de cette capitale, tour à tour serviteur obéissant ou protecteur insolent de Tahmasp. Enfin, après avoir rassuré suffisamment ce prince par des protestations répétées de sa fidélité, il le contraignit, plus qu'il ne l'invita, à venir assister dans son camp, hors des murs, à un festin militaire donné en son honneur. Tahmasp, arrêté perfidement avec toute sa cour, au miheu de la fête, fut jeté sur un cheval et envoyé prisonnier dans le Khorasan av^ ses enfants et ses femmes.

Page 1