LIVRE VINGT^NEUVIÈME. SS
leurs guerres avec les Turcs en bataillons carrés, pour rompre par ce bloc solide Tinipétuosité des spahis, repoussèrent en effet comme un écueil les premières charges des Ottomans. Le découragement et la fuite s'emparaient déjà de Tarmée de Mustapha H, quand ce prince, le sabre à la main, s'élança lui-même au milieu de la mêlée, et frap* pant ses propres soldats au visage pour les faire retourner à Tassant des Autrichiens, précipita ses janissaires dans les vides laissés entre les carrésj et bientôt, cerné lui-même par le fer et le feu^ ne put s'ouvrir le retour que par la victoire.
Elle hésita pendant une longue confusion des deux armées acharnées Tune contre rautreetenve*» loppées d'un nuage épais de fumée. Les plus intré* pides pachas de Mustapha commençaient à se replier vers leur camp ; Schahin-Pacha manœuvrait luimême pour ramener ses troupes débandées hors du carnage ; le sultan seul s'obstinait à mourir ou à vaincre. «Où fuis-tu, Schahin? » criait-il avec une amère indignation à son généraU a On t'a nommé «Schahin parce qu'on te croyait un intrépide « faucon. Le fier faucon frappe son ennemi à la « tète ! Tu n'es qu'une grue qui donne l'exemple « de la fuite à d'autres grues aussi timides que « toi. »
Ces reproches ramenèrent au combat Schali les janissaires, honteux de vivre quand leur si voulait mourir. Vétérani, le Turenne de V magne, tomba frappé d'un coup de feu; ses se le couchèrent sur un chariot, d'où il commandi combattait encore; sa retraite, forcée par sa sure, fut une manœuvre plus qu'une déroute, elle laissa avec la gloire le champ de balai Mustapha II, et le malheureux Vétérani, tomb pouvoir de l'ennemi, fut achevé d'un cou sabre. Dix mille Ottomans restaient confo sur la plaine avec les cadavres des Autrichien! sultan, heureux d'avoir éprouvé son bras et la fortune, revint par la Valachie triompher à drinople et recruter des armées plus dignes d grands desseins.
Au printemps de l'année suivante, 1696, il Ira en Hongrie avec cent mille combattants vieux Tékéli le suivait pour mendier un trôn^ le fuyait sans cesse et pour lui conseiller la tacl des chrétiens. A l'exemple des Romains de G les Turcs, fortifiés de position en position dan camps retranchés et palissades, attendaient Vh