‹ Histoire de la TurquieChapitre 14 sur 360 · LIVRE VlNGT-NEUVIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE VlNGT-NEUVIÉME

opportune pour le combat et s'assuraient des retraites dans les revers.

Frédéric-Auguste de Saxe fut contraint de leur donner l'assaut dans leur camp sur les bruyères d'Olasch. Il avait franchi les fossés et les palissades, et galopait, à la tête de dix mille hussards à travers les tentes, prêt à pénétrer dans celle de Mustapha II, quand le sultan, le grand vizir Elmas et l'aga /des janissaires, fondant à leur tour sur les Allemands égarés dans ces avenues de tentes et de cordes, en égorgèrent huit mille sur leurs propres brèches, et refoulèrent le reste dans la bruyère couverte de leurs débris. Les canons du camp autrichien et des milliers de prisonniers furent les dépouilles de la victoire d'Olasch. Frédéric-Auguste, impatient d'aller briguer le trône de Pologne vacant par la mort de Sobieski, laissa Mustapha II sans armée en campagne devant lui. Le comte Caprara, qui lui succéda, reçut de son gouvernement l'ordre de s'enfermer dans les places fortes et de se borner à surveiller les frontières.

Constantinople, cette fois, reçut dans Mustapha II son sultan et son triomphateur. Son cortège rappelait ceux de Soliman le Grand. Les canons d'Olasch et les soldats prisonniers suivaient, enchaînés, le cheval de guerre du sultan. Vainqueur, à trente

ans, des deux plus grands capitaines de TAUe* magne, vainqueur à Ghio et dans les mers de la Menée par ses £k)ties, sans ennemi sur le Danube, délivré par la mort de Sobieski et par les orages d'une élection sanglante de toute préoccupation du côté de la Pologne, adoré des Ottomans oomme une Providence qui venait suspendre leur déclin^ ap« puyé encore sur Talliance efficaœ de la France à peine désarmée par le traité de Risv^ick, sollicité lui-même à la paix par TAngleterre et la Hollande qui lui proposaient leur médiation avec l'Aile*» magne, il tenait dans sa main tous les gages d'un grand règne. Son ivresse l'éblouit ; un homme que nous avons déjà nommé, mais dont il savait à peine le nom, le prince Eugène de Savoie, changea cette fortune en revers.

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Mustapha II n'était venu à €onstantinople que pour y ceindre le sabre d'Othman dans la mosquée d'Aioub , et pour se montrer à sa capitale. Il en sortit bientôt à la tête de cent cinquante mille hommes, et traversa le Danube avec le vieux Té* kéli, traîné dans un chariot à sa suite.

Le prince Eugène, successeur de Vétcrani dans

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