‹ Histoire de la TurquieChapitre 133 sur 360 · LIVRE TRENTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-DEUXIÈME

née par Charles XII et par la diète polonaise à Stanislas Leczinski.

L'Autriche, qui possédait la Silésie, et qui convoitait de son côté les démembrements futurs de cette république, s'était associée à la Russie pour peser de deux poids sur les Polonais. Ces deux empires, l'Autriche, en vertu de son titre de roi de Hongrie, la Russie, en vertu de l'intervention de 1 71 7 qui l'avait appelée en Pologne, affectaient, non sans raison, le droit d'intervenir dans l'élection de ces rois précaires, tour à tour protégés de l'une ou de l'autre cour.

La faible armée polonaise, vaincue sur la Vistule par soixante mille Russes, s'était dispersée en nommant dans sa fuite, dans une taverne, au milieu des bois, Stanislas pour roi. La France le soutenait par opposition à rAutriche. Stanislas abdiqua en échange de la Lorraine, cédée à la France et viagèrement constituée en souveraineté pour ce roi détrôné de Pologne. La Pologne contrainte reçut pour roi Auguste de Saxe, étranger imposé par les étrangers, en votant, selon sa coutume, l'infamie et la mort de tout Polonais qui accepterait à l'avenir un roi étranger : vains serments d'une nation dont chaque parti introduisait sans cesse l'étranger dans ses conspirations contre le parti contraire 1

L'alliance précaire des Turcs avec Pierre le Grand pour démembrer la Perse empêcha le divan de s'opposer, comme il le devait par le traité du Pruth, à l'invasion des Russes en Pologne. Mais à peine la Pologne fut-elle asservie à la coalition de rAutriche et de la Russie, que l'impératrice Anne, liguée cette fois avec le héros de la Perse, Nadir-Schah, lança, par l'inspiration de son favori Biren, soixante mille Russes en Bessarabie pour reculer la frontière ottomane de la Pologne et pour prévenir le contact entre les Polonais asservis et les Turcs protecteurs de leur indépendance.

Un habile et féroce guerrier, le maréchal Munich, fait pour commander à des barbares parce qu^il était plus barbare qu'eux, ensevelit Oczakof et ses vingt mille défenseurs sous les flammes et sous les décombres de cette ville boulevard de l'empire ; il pénétra ensuite dans la Crimée en tournant les lignes inexpugnables de Perecop ou d'Orcapi, lignes élevées de quarante pieds par la nature au-dessus de la plaine fortifiée par des épaulements artificiels et qui ferment sur une étroite langue de terre la presqu'île de Crimée aux invasions du continent. Après avoir ravagé et incendié rapidement la Crimée, les Russes, qui ne voulaient encore qu'étonner et épouvanter les Tartares, allèrent assiéger Azof.

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