‹ Histoire de la TurquieChapitre 139 sur 360 · LIVRE TRENTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-DEUXIÈME

une tardive enfance, monta sur le trône sans compétiteur. Le commencement indécis de son règne ne fut que i'éblouissement d'un captif qui voit, après de longues ténèbres, la lumière, et qui chancelle à chaque pas. Sept ou huit vizirs choisis et répudiés au hasard en quelques jours laissèrent enfin le pouvoir à un jeune favori, Ali-Pacha-Oghli , son silihdar - aga , devenu avant Page son grand vizir.

On accuse sans preuve OthmanlII d'avoir immolé ses neveux à la raison d'État. Il n'avait point d'enfants^ et cette précaution sinistre était sans objet pour lui dans l'avenir. On attribua au poison la mort vraisemblablement naturelle de trois enfants d'Achmet III, élevés dans le sérail. Mustapha, le quatrième de ces orphelins reçut, dit-on, également des mains du médecin une coupe empoisonnée qu'il refusa de boire et qu'il força le médecin, le poignard sous la gorge, à boire à sa place. Le médecin mourut de langueur quelque temps après, et Mustapha fut sauvé.

Ces chroniques populaires n'ont ni certitude ni vraisemblance. Si Othman avait ordonné la mort de ses neveux, Mustapha n'aurait pas survécu à cet ordre pour régner après son oncle. L'ombre partout fait croire au crime ; mais la justice et la piété

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d'Olhman III proleslent contre ces atrocités sacrilèges qui auraient anéanti après lui sa race.

Deux héritiers restaient à Tempire, Mustapha et Abdullianiid son plus jeune frère. Le jeune gvanà vizir Ali -Pacha Oghli fut soupçonné d'enlrenir aver ces princes des intelligences secrètes, que les infirmités de corps et d^esprit de leur oncle firent considérer au sultan comme une anticipation sur si mort prévue. On avait cru voir, disaient les nh meurs du sérail, le grand vizir sortant la nuit des appartements de ces princes. Olhman III, averti, appela le muphli pour autoriser sa vengeance par un fehva. Son i«,niorance fiiisait croire à tort à Othuian qu'un semhiable f(4\va était nécessaire à sa conscience; scrupule sans fondement, puisque le grand vizir est au nombre des hommes politiques cxceplà du droit commun, et qui peuvent êu*e frappés sans! autre juge que la conscience du padischah.

A rapparilion de son perfide favori danslasalk du divan, le sultan, ne | mouvant contenir sa colère enihunmée par Taspect <lu coupable : « Sors de « présence, » lui dit-il en saisissant une d'armes et eu la brandissant sur la tête du vàt*

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