‹ Histoire de la TurquieChapitre 147 sur 360 · LIVRE TRENTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-DEUXIÈME

littéraire de ces peuples que l'est pour la bibliographie ottomane le Nouveau Monument. Cet ouvrage contient les titres de cinq cents ouvrages dont les auteurs ont écrit dans ce siècle. Ce dernier monument bibliographique de la Httérature ottomane fut terminé dans Tannée de la mort du célèbre grand vizir Raghib-Pacha. Lui-même mérita le nom, qui lui est resté dans le monde savant de sa patrie, de Sultan des poètes; outre ses ouvrages historiques et diplomatiques, il laissa un dù^an ou collection de ghazels^ poésies philosophiques, et une autre collection de poésies rêveuses appelée le Navire^ par allusion aux richesses de Pâme contenues dans ce recueil. Les Ottomans, ditThistorien turc Wassif, égalent ce grand homme à Kiuporli comme homme d'Etat, à Ibn Ayas comme historien, à Hafiz comme poëte, à Platon comme philosophe.

Comme homme politique, il avait pressenti le premier, dans la nouvelle monarchie prussienne, que Frédéric II fondait dans le nord de T Allemagne, un contre-poids contre l'Autriche, vieille et puissante ennemie de l'empire ottoman. Le grand Frédéric, dont il admirait le génie lettré et militaire et dont il recherchait l'alliance, lui semblait devoir être bientôt l'arbitre et le médiateur entre les Russes , les Autrichiens, les Ottomans. Cette pensée juste ne

périt pas tout entière avec Raghib. Elle serait devenue le gage de la paix et le salut de l'Empire si Frédéric II, émule de Raghib, comme poëte et comme écrivain, avait été son égal aussi en franchise, en désintéressement et en vertu. Mais le grand homme de la Prusse^ n'était qu'un politique; cchii de Tempire oltcmian était un homme de bien. Nous verrons bientol, dans la suite de ce récit, comment la proie de la Pologne à partager détourna Frédéric et son successeur de la politique loyale et salutaire que Raghib assignait à ce souverain dans ses pensé(*s.

llamid-Hamza lui succéda dans le gouvernement de l'iMnpire. C'était le fds d'un marchand d'une bourgade d'Asi(^, nomméeDcNveli-llissar. Longtemps secrélaire intime de Raghib, puis ministre des alVaires étrangères, et chargé des détails de l'empirtî pendant la longue maladie de ce grand homme, llamid-Hamza, désigné au sulUm par le mourant, rt!(;ut le sceau comnuî un héritage. Le sultan ' espérait retrouvcM* le génie de Raghib dans son disciple; il n'y trouva que siîs traditions sans sou

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