LIVRE TRENTE-DEUXIËMB
dans la même année, est envoyé en Sibérie occuper le cachot qu'il a lui-même construit pour Biren, Les deux ennemis, Tun allant et Tautre rêve* nanty se rencontrent sur une route de Sibérie et se mesurent encore de l'œil. Des milliers d'étrangers périssent dans toutes les villes de la Russie, cou** pables d'être venus apporter la discipline, les lois ou les arts à ce peuple glorieux de son ignorance.
Un Russe , formé à l'école de ces étrangers, Bes^ tuchef, régna sur la politique comme premier mi-« nistre ; un autre Russe, le page Schouvalof, régna comme favori sur le cœur de sa souveraine. A la faveur de l'absence du roi de Saxe en Pologne, Auguste m, qui résidait à Dresde, la cour de Russie s'accoutuma, sous Bestuchcf, à régner presque des«* potiquement sur la Pologne à Varsovie. Mille intrigues s'y formaient en silence pour s'élever au trône de cotte république à la mort d'Auguste. La plus puissante de ces intrigues était celle des princes Czartoryski, descendants des Jagellons, dignes du trône par leurs souvenirs, plus dignes par le tolent, le patriotisme, la richesse de leurs membres. L'Angleterre, la France, la Russie, l'Autriche, la Prusse avaient chacune leurs brigues dans la république.
L'Angleterre proposait à la cour de Russie de solder cent mille Russes pour intervenir à main armée
dans la prochaine élection d'un roi de Pologne. Elle préférait la domination moscovite dans Varsovie à la domination autrichienne ou à celle des Prussiens, qui auraient trop fortifié l'Allemagne. La France, sans poHtique et sans prévoyance à cette époque de sa monarchie, partageait en apparence les pensées de Londres. En secret, elle envoyait à Varsovie le comte de Broglie, négociateur confidentiel de Louis XV, pour susciter des obstacles à la Russie. Un parti patriotique se groupait sous ses auspices, confiant dans le secours de la France et de la Prusse. A rheure du danger, la France ajourna indéfiniment le secours de ses armes. Les deux factions, celle de la maison de Saxe et celle des Czartoryski, se combattaient dans les confédérations et dans les diètes. Chaque parti était condamné à des intelligences et des protections de l'étranger.
Du jeune Polonais, neveu et émissaire des princes Czartoryski, allait, par le conseil de ses oncles, combattre à Pétersbourg la prédilection de l'impératrice Elisabeth pour la cause de la maison de Saxe, et devenait bientôt lui-même la cause involontaire et fatale de l'anéantissement de sa patrie. Cet agent