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cieux. Il avait pour vêtements des foumirea de loup blanc de Laponie^ doublées d'écureuil de Sibérie y et logeait sous une tente qu'il nommait plaisamment une maison tartare. Celle du prince, doublée d'élofle cramoisie , pouvait contenir pla$ de soixante personnes; elle était entourée de dou^e autres plus petites ou logeaient les officiers de $d Oiaison, et ces treize tentes étaient protégées par un mur de cinq pieds de hauteur. Du haut d'une butte en terre, le khan pouvait embrasser d'un coup d'œil l'ensemble de son armée marchant sur vingt colonnes et au centre de laquelle était placée 3a tente ; quarante escadrons le précédaient com» posés chacun de quatre cents cavaliers, ayant quatre hommes de profondeur et disposés en deux rangs; à la tête de chacun d'eux, on voyait vingt drapeaux. Le grand drapeau du khan et les deux étendards verts flottaient confondus avec les drapeaux des Co^ saques Inad, qui, dès le règne de Pierre le Grand, avaient déserté l'empire russe sous la conduite du cosaque Ignace, et depuis avaient pris le nom d'Ygnad ou Inad, c'est-à-dire les mutins. L'influence de ces derniers détermina alors les Cosaques Zaporogues à secouer le joug du commandant de la forteresse d'Elisabeth.
« Les Tartares déployèrent, dans le cours de cette
expédition, leur talent incroyable pour conserver et surveiller le butin dont ils s'étaient emparés. Une demi-douzaine d'esclaves, deux douzaines de bœufs, cinq ou six douzaines de moutons devenaient souvent la proie d'un seul homme. Des sacs pendus à l'arçon de la selle contenaient des enfants dont on ne voyait que la tête ; une jeune fille était placée devant le cavalier, la mère derrière, le père et le fils sur des chevaux de main, les bœufs et les moutons trottaient devant; un œil infatigable veillait sur tout ce butin et jamais ne le perdait de vue. Du reste, il régnait dans l'armée une discipline sévère. Des Noghaïs ayant outragé une image de la croix, reçurent cent coups de bâton devant la porte de l'église où avait été commis le méfait; d'autres, ayant pillé sans permission un village polonais, furent attachés à la queue de leurs chevaux et traînés ainsi jusqu'à ce que mort s'en suivit. »
Un mois après son retour de cette expédition, Krim-Gheraï mourut empoisonné par le médecin grec Siropulo, agent du prince de Valachie. En vain Toit l'avait mis en garde contre l'empoisonneur ; lorsqu'il sentit que la mort était proche, il donna ordre à ses musiciens de jouer, et expira ainsi, bercé par les accents d'une mélodie funèbre. Le grand vizir reçut la nouvelle de sa mort à Selymbrie, deuxième