‹ Histoire de la TurquieChapitre 164 sur 360 · LIVRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIÈME

campement de Tarmée turque après Cons tan tinople. Son fils, le faible et stupide Dewlet-Gheraï, fut aussitôt proclamé à sa place par le divan, khan de Crimée. Un hiver hyperboréen, semblable à celui qui pétrifia au retour de Moscou l'innombrable armée le Napoléon, interposa ses glaces et ses neiges entre es Russes et les Tartares ; mais les provinces de la louvelle Servie n'étaient plus qu'un désert sans labitants ; quarante mille femmes en selles, esclaves, suivaient les hordes des Tartares, rentrant lentenent dans leurs steppes. Les plus jeunes et les plus celles étaient envoyées en présent aux grands de l'empire, à Constantinople, comme des victimes expiatoires de l'incendie et du pillage de Balta.

Le grand vizir, Mohammed-Emin, qui attendait ;es auxiliaires à Bender, leur avait préparé un pont le bateau pourpasser le Dniester et opérer leur joncion aveclui. Ils dédaignèrent ce chemin artificiel des )euples amollis de l'occident. «Voilà, » s'écrièrent- Is, a comment les Tartares passent les fleuves, » et, ançant leurs chevaux dans le Dniester, où flottaient encore les glaçons de cet âpre hiver , ils aborlèrent à la nage la rive opposée.

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L'invasion et la rapidité du fléau ayaient surpris Catherine, Moscou découvert tremblait au récit de ces trois cent mille Turcs et Tartares, réunis par la vengeance sur le Dniester et prêts à incendier la Moldavie.

L'armée du prince GaliUin, de vingtrK^inq mille hommes seulement, après avoir vainement tenté dç s'emparer de Cboczim par la corruption du pacha qui commandait cette forteresse, se hâtait de repas* ser ce fleuve et de s'enfermer dans Tintérieur de la Pologne, Cette fuite des Russes parut au grand Tizir une satisfaction sufGss^te à Tempire; il écoutait déjà les propositions de paix de Catherine, quand le grand seigneur, indigné de ses lenteurs, lui envoya Tordre dVnlrer en Pologne. Cent miUo confédérés polonais Ty appelaient à la délivranea de leur infortunée patrie ; les trois cent QiiUe Turoa, sans général, sans administration, sans vivres, n'en* trèrent en Moldavie que pour la dévorer et pour y périr en grand nombre eux«mômes de faim et d« maladies par Timpéritie du grand vizir.

Pendant qu'il restait de sa |>ersonne dans le camp, à Bender, indécis sur la direction qu'il donnerait à

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sas armées, le comte Potocki, ambassadeur des cou* fédérés polonais, vint implorer l'entrée d'un corps auxiliaire en Polo{:^ne. Mohammed-^Émin, plus ora^ teur que soldat, répondit en plein divan par unç harangue héroïque à la harangue égalemcAt so^ lannellô de l'orateur polonais.

Après ivoir, s^on l'historien Wassif, reproché k [a Pologne t% mobilité, son asservissement alternatif à ses voisii ^ et sa 'enteur à expulser les Hussçs ;

^ Quant à moi, » dii-il» a fidèle à ma mission^ JQ a ne cesserî\i, ni à présent, ni plus tard^ ni été, ni a hiver, de poursuivre l'ennemi partout où il pourra a se trouver, et de l'anéantir avec mon sabre victoa rieux; je suis le gendre et le fils de Sa Majesté le « souverain du monde, dont l'harmonie est maince tenue par lui ; je suis son serdar et son autre lui-^ a même ; je suis dans mes expéditions un second a Alexandre, maître de la victoire ; ma marche est a plus prompte que l'éclair ; si votre amitié est pure a et exempte de toute incertitude, faites savoir à c( votre république qu'elle range à part, comme de» a élus, tous les Polonais qui ne^ suivent point l'en- « nemi. Pour toi, tiens-toi prêt avec les tiens à « suivi e au delà du Dniester Mohammed-Pacha de « Roumélie, nommé sérasker en Pologne.

« Ne craignez rien, » dit-il ensuite à ses pachas

qui se plaignaient de la disette et des maladies putrides causées par les miasmes du fleuve ; « mon nom (( est Émin! c'est-à-dire le nom de l'ange Gabriel, « le messager des bonnes nouvelles, et l'étoile du c( padischah ne pâlira pas sur sa tète. »

Il fit rédiger alors, sous l'inspiration des confédérés polonais appelant le fléau de la gù^iTe dans leur patrie, un manifeste contre la Pol jgne au roi et à la diète. Il fut convenu que soixar ie mille Turcs envahiraient la Pologne pour se réunir aux confédérés contre Poniatoveski et les Russes.

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Cependant le prince Galitzin, fortifié d6 trente mille hommes, s'était avancé de nouveau v^rs Ghoczim et l'avait débloqué à l'approche d'un détachement de l'armée du grand vizir. Fier de cette retraite des Russes et voulant s'en attribuer Phanneur, le pacha douteux de Ghoczim, Kahreman- Pacha, osa paraître au camp de Ben4er pour recevoir les félicitations du .serdar.

Au moment où ce traître descendait de cheval devant la tente, il fut entouré, sous les apparences du respect, par les officiers du grand visir, désarmé et garrotté par eux. Son écuyer, voulant défiuidre son

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