LIVRE TRENTE-TROISIËMB. Ml
ses deux extrémités, la Grèce et la Crimée, de ichir le Caucase, d'envahir la Perse, d'insurger rrèce et de cerner Constantinople, comme les 58 avaient cenié Byzance jusqu'à ce que l'em-* , ébranlé sous le trône des Ottomans par des motions religieuses au centre, livrât enfin aux CM)vites le soleil, les mers, les îles, les plaines et ipitale de TOrient. La race et la religion n'étaient dans le conseil de Catherine II que les spécieux extes de l'ambition et de la gloire; car, à la ae heure où elle afGchait la pensée d'émanciper rèce chrétienne, elle exécutait sans hyprocrisie ms remords le premier partage de l'asservisse^ it gradué des Sarmates chrétiens, i l'histoire pouvait douter que la pensée de l'antissement des Turcs, en Europe et en Asie, fût iusivement politique, il suffirait de voir où et par cette pensée fit explosion dans le monde moae. Née dans une cour sceptique en Russie, 3uragée par un souverain athée en Prusse, issée par un empereur philosophe, Joseph II, à ane, applaudie en France dans les corresponces de Voltaire, de Diderot, de d'Alembert, de » les écrivains anti-chrétiens du dix-huitième le, elle fut chez Catherine une pensée d'avenir r sa nation et pour sa mémoire; elle fut pour m 24
Frédéric II une pensée d'extension plus vaste en Pologne ; pour Joseph II une pensée d'adulation à rimpératrice de Russie pour élargir sa part d'usurpation dans le partage ; enfin, pour Voltaire et pour les philosophes français, elle fut une pensée de civilisation tendant à ruiner par la main de USémiramis du Nord les mosquées de Mahomet en Orient, et ruiner par les mêmes mains, en Occident, les autels du Christ.
Tels furent en réalité les véritables motifs de la propagande russe dans le Péloponèse; la philosophie y ralluma de ses propres mains le fanatisme pour y raviver la liberté. Ce n'était plus la religion qui constituait les Turcs en hostilité avec l'esprit européen, c'était la civilisation. Catherine II, en feignant de prendre en main cette cause et d'ouvrir l'Orient au génie de TEurope, s'assurait la popularité parmi les philosophes ennemis du christianisme, pendant qu'elle briguait la popularité parmi les Grecs superstitieux.
L'esprit des Grecs du Péloponèse se prêtait de lui-même à cette déception. La tolérance même des Turcs, qui leur avait laissé, à l'époque de la cou-