‹ Histoire de la TurquieChapitre 169 sur 360 · LIVRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIÈME

ces montagnes. Prodigue de promesses, d'illusions, de présents que lui fournissait la Russie, il prêchait ouvertement l'insurrection contre les Turcs. Descendu des montagnes avec une bande armée dans les environs de Cattaro, sur le territoire vénitien qui confine à l'Albanie turque, il y agita les sujets, grecs de la république de Venise et tenta d'allumer la guerre entre les Vénitiens et les Turcs. La république réprima ces tentatives. Stéphano remonta avec ses bandes dans la haute Albanie et noua des intelligences avec la Servie et la Bosnie. Les habitants des montagnes de la Chimère se joignirent à lui. Le pacha de Bosnie ayant tenté de le faire étrangler par un capidji , Stéphano, informé de la mission du capidji , le fit enterrer vivant, se concentra et se fortifia sur les cîmes des monts Acrocérauniens ou monts des Tempêtes, sources de l'Achéron et du Cocyte, et patrie des Mirmidons, ces soldats d'Achille.

Douze mille Albanais, conduits par les pachas de ces contrées, s'élancèrent sur les monts Acrocérauniens pour en escalader les rochers et y étouffer Tinsurreclion dans son germe. Trois cents têtes d'insurgés furent envoyées à Constantinople. Stéphano, errant de caverne en caverne, échappa aux Turcs et resta caché dans les montagnes de la Chi-

mère pour y attendre les jours promis par Papas- Oghli. Les Grecs de tout le Péloponèse, désarmés et saccagés par les Albanais, se soumirent à l'oppression ou se réfugièrent dans les tles vénitiennes.

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Cependant Papas-Oghli, revenu de Pétersbourg en Grèce, après avoir visité les vingt villages de Maïna pour concerter avec les fils belliqueux des Spartiates le soulèvement de leur peuple à Faspect des voiles russes, réunit à Trieste tous les principaux révolutionnaires de la Morée pour y combiner d'avance le mouvement général de la Grèce. Alexis et Théodore Orlof , deux des frères du favori, arrivèrent à Venise, sous prétexte dfe visiter Fltalie, à la fin de 1768. Alexis Orlof, Taudace et le crime de la famille, était celui qui avait prêté sa main pour étrangler Pierre III ; Théodore, le plus jeune et le plus efféminé des cinq frères, était plus apte à la diplomatie et aux lettres qu'à la guerre. Un jeune noble de l'Ukraine, nommé Tamara, principal ressort de l'agitation russe dans l'Albanie, Papas- Oghli et un grand nombre de jeunes officiers russes, répandus d'avance sur les côtes dltalie et

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