LIVRE TRENTE-TROISIÈME
de Grèce, se rendirent au congrès insurrectionnel des deux Orlof.
Pendant qu'ils nouaient ou renouaient à Venise les iSls de leurs intrigues dans le Péloponèse, des vivres, des soldes, des munitions, des armes, des instructions militaires étaient jetés par eux toutes les nuits sur la côte,
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Au même moment, une première escadre, composée de sept vaisseaux de ligne, de quatre frégates et de nombreux navires de transport chargés de quinze cents hommes de débarquement, sortait de Cronstadt, au mois de septembre 1769, pour franchir la Baltique avant l'époque où les glaces bloquaient les rivages de cette mer. Orlof, l'ancien favori, pour tromper les Turcs, lit répandre le bruit que cette escadre avait pour mission de croiser au printemps suivant dans la mer Baltique pour intimider les Suédois. L'amiral Spiritof, vieux marin russe de l'école de Pierre P', la commandait. Beaucoup de militaires grecs, recrutés dans les îles de l'Archipel, s'y mêlaient aux matelots russes.
Cette flotte fut promptement suivie d'une seconde expédition navale de dix vaisseaux, frégates ou cor- .
vettes, commandés par un Écossais, consommé dans h navigation et dans la guerre, nommé Elphinston. Sa vieille expérience n'avait pu déguiser à l'impératrice Catherine son dédain pour les vaisseaux fragiles et pour les matelots novices qu'on lui confiait.
(( Je ne connais que la flotte ottomane qui soit « aussi mal armée et aussi mal commandée que la « vôtre, » disait-il à l'impératrice.
(( Ne vous en alarmez pas, » lui répondait l'orgueilleuse Catherine. «L'ignorance, chez les Russes, «est celle de la première jeunesse; l'ignorance « des Turcs est celle de la vieillesse de leur ma- « rine. »
Les deux escadres réunies hivernèrent dans les ports anglais de la Manche. L'Angleterre, qui soupçonnait leur but, malgré son intérêt à écarter la Russie de ses mers , se prêta complaisamment à l'expédition des Russes, par opposition à la France, qu'elle savait favorable aux Turcs.
Alexis Orlof avait achevé d'ourdir toute sa trame d'insurrection en Grèce, lorsque, au commencement de novembre 1769, les escadres russes apparurent sur la côte du Péloponèsc. Toute la Médi-