LIVRE TRENTE-TROISIÈME
rranée s'émut à l'aspect du pavillon qui avait ntourné l'Europe pour apporter la guerre civile à n ennemi au cœur de ses provinces. On comparait 'lof à Annibal, quand, après avoir franchi la mer Afrique pour débarquer en Espagne, il rembar^ lait son armée en Espagne pour venir affronter s Romains dans les champs de Rome.
Mais déjà la défaite de Mohammed-Émin et de aldovandji à Render et à Choczim, l'invasion russe i Crimée, la prise d'Azof, l'occupation de la Mollyie et de la Valachie par Romanzof, désintéresient, par l'immensité de leurs succès, les Russes î l'expédition maritime des Orlof.
Théodore Orlof, après avoir croisé longtemps ms l'Adriatique pour provoquer, par la vue de ses ivillons, l'explosion tardive du continent grec, jeta ancre, en février 1770, dans le golfe de Coron, au ied des montagnes escarpées des anciens Sparates. Les deux Mauromikali, pères de ces grands lefs de Maniotes que nous avons vu de nos jours •ulever leurs villages pour la liberté de leur patrie, îscendirent sur la côte pour se concerter avec léodore Orlof. Ils refusèrent néanmoins de soule- T leurs compatriotes avant qu'une ville et un port 1 rivage emportés par les Russes ne leur offrît un )int d'appui solide ou un refuge assuré contre la
vengeance des Turcs. Ils lui désignèrent la ville et la citadelle de Coron.
Le petit nombre des Russes qui débarquèrent empêcha Orlof de surprendre et de livrer ce gage aux Maniotes.
Pendant ces conférences à bord de l'escadre entre Théodore Orlof et les Mauromikali, Tévcque de Monténégro, la croix à la main, parcourait les villes de la côte, provoquant le massacre des Turcs et promettant deux sequins par tête des tyrans. Le primat grec, Benaki, affidé des Russes, réunissait à Calamata les conjurés de tous les districts, et lançait, de concert avec les Orlof, trois colonnes insurrectionnelles dans les trois groupes de montagnes du Péloponèsc , où les habitants indécis flottaient encore entre la terreur des Turcs et la défiance des Russes. La légion de Sparte, composée d'une poignée de Russes, d'insulaires et de montagnards, descendait dans la vallée de TEurotas, surprenait la ville moderne de Misitra, bâtie des débris de Lacédémone, y égorgeait ou y emprisonnait les familles turques.
Théodore Orlof, pendant cette incursion, assié-