‹ Histoire de la TurquieChapitre 172 sur 360 · LIVRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIÈME

eait la citadelle de Coron, mollement défendue par ne poignée de Turcs. A l'exception des forteresses e la^ôte, tous les détachements ottomans, disper-? es dans le Péloponcse, s'étaient, par l'ordre du acha, repliés sur la ville centrale de Tripolizza, ont Épaminondas avait voulu faire la capitale de 1 Grèce. Le pacha, enfermé lui-même au fond du olfe d'Argos , dans la ville inexpugnable de Napoli le Romanie, pressait par ses dépêches l'armement e la flotte ottomane, pour purger l'Archipel et 'Adriatique des escadres russes.

Le Péloponèse tout entier s'ébranlait au cri de iberté, de nationalité, de religion, sous les pas des lusses. Les quatre cent mille Grecs qui habitaient lonstantinople déguisaient à peine leur frémissenent de joie au bruit de cette puissance hyperbo* éennc qui semblait descendue du ciel sur les monagnes de leur patrie. Tous ceux qui peuplent, au lombre de douze millions d'hommes, les îles, les êtes de la mer Noire, de la mer de Marmara, de la léditerranée depuis Azof jusqu'à Trébizonde, demis Trébizonde jusqu'à Smyrne, depuis Smyrne usqu'au pied du Liban, tournaient sans cesse leurs égards vers ces mers pour appeler de leurs vœux le eul soulagement des peuples esclaves, le changeaent de tyrans.

Missolonghi , Corinthe, Athènes s^armaient secrètement à la voix de leur primat, pour accomplir partout, au premier bruit des pas des Russes.dans leurs districts, les Vêpres Siciliennes de la Grèce. Les montagnards du mont Ida, dans l'île de Crète, descendaient en armes au nombre de dix mille sur la côte pour assiéger leurs geôliers dans leurs villes. Les îles vénitiennes elles-mêmes de TÂdriatique secouaient violemment le joug de la république, et demandaient des canons aux Russes pour foudroyer les Vénitiens enfermés dans leur forteresse.

Mais déjà la mésintelligence, le reproche et Faigreur envenimaient dans le Péloponèse la fausse fraternité des Grecs et des Russes. L'insignifiance du nombre des troupes de débarquement, et Timpuissance des Russes devant les faibles murailles de Coron, décourageaient les Maniotes; ils voyaient dans les Russes des provocateurs plutôt que des soutiens d'une insurrection dont l'expiation prochaine pèserait sur les seuls enfants de la Grèce,

« Tu ravages nos terres, tu compromets nos face milles,» disait Mauromikali à Théodore Orlof, « et tu ne sais pas même renverser les mursd^une

Page 1