LIVRE TRENTE-TROISIÈME
enfermés dans leur propre piège, les foudroieraient à la fois sur la côte et sur les vaisseaux.
L'escadre russe de l'Écossais Elphinston, arrivant la dernière d'Angleterre, entrait dans le golfe de Misistra au moment où la flotte ottomane, commandée par Hassan-Pacha, apparaissait à l'orient du Péloponèse aux vedettes russes placées en observation sur les montagnes pour les reconnaître. Les Albanais de Tripolîzza, informés au même instant par leurs sentinelles du nuage de voiles turques qui couvrait l'Archipel , s'élancent par la gorge de Nizij vers la plaine de Coron.
Mauromikali, soumettant sa colère à son patriotisme, défend avec ses Spartiates le défilé de Nizij contre dix mille Albanais. Forcé enfin dans la dernière maison encore debout de cette bourgade où il combat, lui vingt-deuxième, contre une armée, ses vingt-deux compagnons succombent un à un sous les boulets des Turcs ; il tombe lui-même avec son petit-fils sous les balles , et ne livre le seuil qu'après sa chute. Les Albanais s'étonnent de ne trouver vivant dans cette forteresse qu'un vieillard et un enfant, Mauromikali et son petit-fils,
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