LIVRE TRENTE-TROISIÈME
Tel était l'homme destiné à voir anéantir sous ses yeux la flotte ottomane, et à la relever par son génie et son héroïsme au niveau des flottes de Barberousâe ou de Mezzomorto. La mer est le patrimoine des aventuriers. Sur un élément si hasardeux^ on ne triomphe qu'en donnant beaucoup au hasard.
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Hassan avait devant lui dans l'Écossais Elphinston un digne rival en audace. Elphinston, sans mestirer sa faiblesse numérique, en apercevant les six vais^^ seaux de guerre d'Hassan et sahs attendre les deui escadres attardées de Théodore et d'Alexis Orlof , fond sur la flotte d'Hassan. Hassan, abordé corps à corps par le vaisseau d'Elphinston, se voit soudain abandonné par les cinq autres vaisseaux de sa flotte, fuyant le combat sous le canon de Napoli de Malvoisie.
Devenu le seul but de tous les canons d'Elphinston, il y répond par le triple volcan de ses ponts, il repousse le sabre à la main les cinq abordages, couvre de cadavres russes l'espace compris entre les flancs de son vaisseau et ceux des ennemis, les évité, les tourne, les foudroie tour à tour, se dégagé s'abrite, mutilé, mais triomphant, sous le feud'u
batterie avancée de la côte hérissée d'écueils du Péloponèse. Elphinston, en voulant l'y suivre, y brise la quille d'un de ses bâtiments et s'éloigne de peur d'y perdre toute son escadre ; il cingle, en réparant ses agrès, vers l'île de Cerigo, avant-garde des îles de l'Archipel, pour y railleries deux escadres en une seule flotte.
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Au retour du capitan-pacha du fond du golfe d'Argos, Hassan le conjura de prévenir la jonction des escadres russes en les attaquant séparément dans les eaux de Cerigo et du cap Matapan. Le capitan-pacha sentait qu'il y aurait une inutile témérité à risquer la flotte et le continent grec* dans une bataille navale, et qu'il fallait se replier sur Chit), où dix autres bâtiments sortant des Dardanelles feraient face, dans des passages étroits, aux amiraux russes.
Le pacha du Péloponèse, indigné de l'obstination du capitan-pacha à se coller au continent de Nauplie, le menaça de tirer sur ses vaisseaux, s'il ne reprenait pas la mer. Au lieu de voguer vers les escadres russes, le capitan-pacha louvoya entre les îles et le continent de l'Ionie, plus prompt à cher-