LIVRE TRENTE-TROISIËHÏ. d
obliquement sous toutes les Toiles de la cAte, fou-^, droyèrent en passant les premiers vaisàeaux turcS qui formaient la pointe du croissant, eti tirant dô bord après leurs bordées, pour éviter le feu dU cetitre et en se repliant sur leur propre escadre pour recharger et pour revenir écorner encore le croissant.
A la première décharge du vaisseau amiral otto*^ man^ qui était le second de la ligne d^embossagé^ un énorme boulet de marbre des Turcs pulvérisa le gouvernail du vaisàeaii russe monté par Spiritof, Théodore Orlof et Gréig. Ce vaisseaii, poussé par son aire sur la ligne turque, allait aborder de tout le poids de son vent le vaissëâii du câpitan-pacha^ Ce timide général, imitant la pusillanimité d'Alexis Orlof, avait quitté son bot*d au commencement dé la bataille, sous prétexte de surveiller dé plus haut sur la côte les manœuvres du combat. Les Turcs, témoins de sa lâcheté, avaient pressenti dans cette prudence la conviction d'un désastre. Leurs ancrés seules les empêchaient de fuir vers Lemnos. Mais le capitân-pachà avait laissé l'âme de la flotté dans Hassan-Pacha.
Hassan, voyant arriver sur lui ' va paré d'Orlof, se toua sur ir éviter
choc, puis levant ses ancr et i Sur
lianes du vaisseau sans gouvernail, jeta ses grappins et ne fit plus qu'un champ de carnage des deux ponts réunis. Son équipage, aussi intrépide corps à corps qu'il était expérimenté dans les manœuvres de mer, couvrit de feu l'équipage russe du haut des vergues et des haubans, et s'élançant de tous les cordages et par tous les sabords sur le pont des Russes, s'y maintint dans une mêlée acharnée avec les ennemis. Sept fois les Russes avançant et reculant comme un mur de feu et sous une pluie de grenades sur leurs propres planches, avaient refoulé Hassan et avaient été refoulés vers leurs dunettes, quand des plongeurs maltais, embarqués par Orlof pour cet usage, plongèrent sous la carène du vaisseau turc et le trépanèrent sous la vague pour le faire sombrer pendant que le feu dévorait ses mâts et ses voiles.
La fumée et la flamme qui enveloppaient les deux vaisseaux, chassaient tour à tour les Russes sur le pont des Turcs, les Turcs sur le pont des Russes; chacune de ces citadelles flottantes, changeait ainsi de combattants et de champ de carnage, sans changer d'acharnement. Les canons, trop rapprochés, se taisaient, etl'étoufiementmuet de ces deux colosses durait depuis près de deux heures dans une horrible attente, quand l'amiral Elphinston, arri-