‹ Histoire de la TurquieChapitre 19 sur 360 · LIVRE VINGT-NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-NEUVIEME

que depuis longtemps il n'y avait pas eu une eon* jonclioa d'astres aussi heureuse que celle qui devait avoir lieu à cette heure du jour, qui était un lundi. On signa, montre en main, les trois minutes des traités ; puis on ouvrit les quatre portes de la salle, afin que tout le monde pût se convaincre que la paix était définitivement conclue, et répandre au dehors cette heureuse nouvelle. Aussitôt, des courriers par^ tirent pour Vienne, l'Angleterre, la Pologne et Venise, et les ambassadeurs se donnèrent mutuellement le baiser de paix. Une triple salve d'artillerie, répétée par les canons de Peterwardein et de Belgrade, annonça aux peuples, fatigués d'une si longue guerre , que le moment était arrivé où ils allaient enfin jouir de quelque repos, i»

Maurocordato avait valu plus que dix batailles pour la restauration des frontières de sa patrie adoptive. Il n'abandonnait aux Autrichiens, aux Polonais et aux Vénitiens que ce qu'ils possédaient déjà de fait avant la guerre, mais ces puissances restituaient sans guerre à l'empire ottoman la plus grande partie des provinces, des îles et des citadelles que le malheur des temps avait enlevées

aux trois derniers règnes. La Hongrie, la Transylvanie et l'Esclavonie, depuis si longtemps disputées et indécises, étaient dévolues à TAutriche, à l'exception de Témeswar et de son bannat. La Theïss, la Save, l'Unna délimitaient par leurs cours sinueux les deux terres ; Venise rendait toutes ses conquêtes insulaires ; elle conservait le littoral de la Morée et quelques châteaux en Dalmatie.

Les Polonais, consolidés de l'Ukraine et de la Podolie, signèrent une paix de vingt-cinq ans, comme l'Autriche ; la Russie la signait de deux ans, en reconnaissant les limites actuelles entre le czar, les Tartares et le sultan. L'abandon de la cause de Tékéli , ce roi vassal de la Porte si longtemps bercé par la fortune, et rejeté enfin comme un transfuge à la pitié de ses protecteurs, était la seule condition humiliante pour la Porte. Mais elle refusa avec énergie et loyauté de livrer l'infortuné prince à ses ennemis, et elle entoura de respect sa déchéance à Nicomédie.

« Hélas ! » s'écria quelque temps après le vieux guerrier en s'enlretenant dans son jardin d'Asie, avec une autre victime de la fortune comme lui, le prince tartare Canlimir, ennemi des Russes, a à (( quels maîtres, mon frère. Dieu nous a-t-il assu- « jettis? Que sont devenues leurs promesses? Le

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