‹ Histoire de la TurquieChapitre 20 sur 360 · LIVRE VINGT-NEUVIÉME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-NEUVIÉME

K croissant qu'ils portent sur leurs drapeaux est K l'emblème de leurs vicissitudes , sa puissance K mobile a les phases alternatives de Tastre des K nuits. »

Mais pendant que l'empire se pacifiait au dehors m recouvrant, par la politique, les provinces et les lesqu'il avait perdues parlaguerre, ilrecommencait i s'agiter au dedans. Ce qu'il y a de plus difficile à ■aire pour un souverain, ce n'est pas la guerre, c'est la paix. Les peuples pardonnent moins à leur maître un traité qu'une défaite. Les plus lâches sur un îhamp de bataille sont les plus exigeants pour les conditions de la paix. Mustapha II ne tarda pas à Éprouver le ressentiment de son peuple contre les nécessités et les humiliations du congrès de Carlowitz. Tout traité qui bornait l'empire paraissait injure à des conquérants.

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Ce ressentiment des Turcs, exploité par l'envie contre le grand vizir Kiuperli-Amoudjazadé, força le sultan de lui retirer les sceaux et de les remettre à Daltaban, pacha de Bosnie, créature de Fcizoullah, ancien khodja du sultan et de plus en plus influent sur ce prince. On a vu qu'à son avènement au trône.

Mustapha II avait élevé FeizouUah, son précepteur, aux fonctions de confiance de muphti. L'autorité religieuse du nouveau muphti avait consolidé son ascendant politique. Apres le traité de Carlawitz, FeizouUah, qui flattait les préjugés populaires de la multitude contre les négociateurs de la paix, avait persuadé au sultan son élève de confier l'empire à Daltaban.

Ce surnom de Daltaban, qui signifie l'homme gui marche pieds vus, avait été donné à ce pacha zélé pour la police des rues à Constantinople, parce qu'étant jadis aga des janissaires, il parcourait la nuit les rues de la capitale, sans chaussures, pour amortir le bruit de ses pas en épiant les malfaî-^ teurs. Disgracié depuis longtemps et réfugié dans un village obscur de Bosnie, lieu de sa naissance, il y vivait^ oublié, du travail de ses mains, quand la défaite de Zenta, et les ravages des troupes vénitiennes en Dalmatie, firent courir la Bosnie aux armes. Les soldats et les habitants, sans chef, se souvinrent de l'ancien aga des janissaires, le nommèrent d'eux-mêmes sérasker ou général de TAnatolie. Â la tôle de ces levées confuses et de ces débrisdeZenta, Daltabanavait soutenu vaillamment, dans les montagnes, les assauts impuissants des détachements du prince Eugène. Le sultan avait con-

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