LIVRE TRENTE-QUAttllÉME
Cette pompe et ces armements de rimpéralrîce, en Crimée, avaient fait craindre au divan de plus rudes atteintes. L'idée de rétablir autour dtî la mer Noire et dans TArchipel les républiques grecques pour fomenter en Turquie l'anarchie que les confédérations rcpublicaincsdcsPolonaisavaicnt créée en Pologno, avait été semée par les Orlof. Le désespoir décida le divan à prévenir cette explosion de sds propres États par la guerre. Le grand vizir Yousouf sonHa l'ambassadeur de France pour savoir s'il aurait le concours de cette puissance. L'ambassadeur, M. de Choiseul-Goufficr, n'avait pas d'instructions suflisantes pour répondre autrement que par de vagues assurances d'amitié. Cent cinquante mille Ottomans s'avancèrent sur le Danube et sur le Dniester pendant que Hassan-Pacha voguait avec la llotte vers l'embouchure du Dniester. Une attaque combinée entre les troupes de terre d'Oczakof et les troupes de débarquement d'Hassan échoua contre la forteresse de Kilburn, défendue par Sou* warofl.
Au bruit de cette attaque des Ottor r l-
burn, les Autrichiens; fidèles aux
Joseph H envers Catherine, se massèrent dans la plaine de Semlin, en Hongrie, et tentèrent de surprendre Belgrade sans déclaration de guerre. Le fier Yousouf-Pacha, qui du métier de marchand de riz s'était élevé par son patriotisme jusqu'au rang de grand vizir, accepta énergiquement cet ennemi de plus. Il partit pour Sopliia, où s'assemblait Tarmée du Danube. Yousouf, longtemps favorisé d'Hassan-Pacha, lui devait son élévation. La jalousie divisa ces deux soutiens de l'empire. Cette rivalité devint la fatalité de la campagne.
Les commencements furent heureux. Y'^ousouf, à la tète de deux cent cinquante mille combattants, étages sur la rive du Danube et du Dniester, depuis Belgrade jusqu'à Oczakof, osa passer le fleuve et marcher contre Joseph U qui avait voulu essayer son génie et sa fortune militaire contre les Turcs. Ce prince se laissa tourner par les défilés de Slatina, et chassé de position en position, il abandonna les populations 'du Bannat à l'impétuosité des Turcs. Des villes emportées d'assaut, des villages, incendiés, des milliers de captifs enlevés à la Hongrie pour aller peupler les côtes d'Asie, au delà du Bosphore, lui firent expier en quelques jours sa témérité. Il appela le maréchal Laudon, le vétéran des généraux de Marie-Thérèse, sa mère, et lui remit son