‹ Histoire de la TurquieChapitre 21 sur 360 · LIVRE VINGT-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-NEUVIÈME

firme le choix du peuple» et Tavait enyoyé pacifier l'Arabie.

Pendant qu'il amortissait la révolte en Arabie, no messager du divan était venu lui demander sa tête ; Dallaban, sans la refuser, avait promené le porteur du cordon dans une avenue de trente^eui milles tètes de rebelles, coupées la veille par scoi armée, a Va maintenant,» avait^il dit à son bourreau, « et dis au sultan ce que tu as vu 1 d Ce bourreau était Battas-Ottoman, jadis serviteur de celui dont il venait provoquer le supplice. Il respecta son ancien maître, et revint à Ck)nslantinople, apportant au lieu de la tête du pacha, un présent de cent mille ducats à Feizouilah. FeizouUah, se croyant sûr du dévouement d'un homme qu'il rachetait du supplice par la faveur suprême, lui avait fait envoyer les sceaux de l'empire à la place du cordon. Emblème frappant des vicissitudes du sort sous le despotisme I

A peine arrivé à Constantinople , la faveur des troupes pour Daltaban fit repentir le muphli du choix fait par son maître. On lui rapportait de toutes parts que le grand vizir, ingrat et perfide,

déclamait plus haut que lui contre la paix de Carlowitz , et l'accusait d'y avoir trempé autant que Rami-Effendi et Maurocordato, jetant leurs noms ensembleàl'exécrationdesbonsMusulmans; onajoutait que le grand vizir devait le faire massacrer à sa table, dans un repas auquel il l'avait convié avec les deux négociateurs du congrès. Le crédule ou défiant muphti court au palais, et, révélant à Mustapha II les sinistres projets du grand vizir, il obtient de son ancien pupille l'arrêt de mort de Daltaban.

Appelé au sérail, où les muets l'attendaient déjà pour l'étrangler, le grand vizir , à qui les chambellans redemandent le sceau de l'empire, refuse de le rendre à d'autres qu'au sultan. Mustapha II renouvelle , sans le voir , l'ordre de lui trancher ta tête. On le charge de chaînes et on le conduit dans la cour du palais pour que son sang ne souille que, la poussière.

« Qu'as-tu à dire au sultan î » lui demanda, avant de frapper, le chef des bostandjis.

« Je ne me rappelle pas, » dit le condamné, « d'ace voir jamais marché au combat sans avoir fait ma « prière e t sans avoir purifié mon âme et mon corps, et « pas une seule heure de ma vie ne s'est écoulée sans « que j'aie tourné mon cœur à Dieu avec un acte de « repentir. Ce que j'ai à dire au sultan, je ne dois et

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