LIVRE TRENTEKÏUATftIÉME
ses enneniis. Le oioment était venu une seconde fois pour la France de se reconstituer en alliance iatime avecSélhii Ilf, de soutenir TOrient par TOo cident^ et TOccidenl par TOricnt. Une sccondt; fois l'habitude irréllécbie de Napoléon de céder à un éblouissement de sa fortune en perdant le résultat solide du sang versé, repoussa Sélim^ et rejeta le divan dans l'incertitude .
Une nouvelle guerre m^açait laPnisse ; la Russie devait y être entraînée. La Pologne seraât le champ de bataille, les frontières turques pouvaient étc^ compromises. La Porte voulait être neutre, trop faible et trop dominée pour entrer dans Uaction* Mais incertaine des desseins de Tempereur Napoléon, qui ne lui donnait aucun gage, elle devait rassembler ses troupeset se couvrir sur le Danube et le Dniester contre les éventualités d'une grande lutte, où les vainqueurs et les vaincus pouvaient devenir égale-* ment dangereux pour sa sécurité. Sélim ordonna des levées, des rassemblements de troupes en VjJachie, en Moldavie ; il fixa des points de réunion sur sa frontière d'Europe, à Bender, à Rastschuk et à Galatz. Le nombre ne manquait pas à ces rassem-
bleineiits , mais l'esprit militaire, rorganisation et la discipline. Il chercha à leur donner delà solidité par le seul corps régulier qui eidstait en ce moment dans l'empire, le corps des nizam-djerids, première ébauche d'organisation militaire calquée sur le modèle européen.
L'origine de ce corps remontait aux premièi'es aimées de la république française. Elle avait senti à celte époque la nécessité de se fortifier de Talliaiice de Sélim III ; elle voulut fortifier Sélim luimême par l'introduction, dans sonsystème militaire, des armes spéciales, qui avaient donné jusque-là un ascendant irrésistible aux armées européennes sur les bandes asiatiques. Le général français, Aubert Duboyet, avait amené avec lui à Constantinople, à la prière du sultan, des pièces d'artillerie de campagne, des officiers, des instructeurs, des artilleurs et des ouvriers capables de diriger les fonderies, de former les troupes, d'enseigner la guerre moderne aux Ottomans.
Ces efforts de Sélim et de Duboyet réussirent à créer un corps d'artillerie à cheval, déjà préparé îïjous les règnes précédents par le célèbre comte de