‹ Histoire de la TurquieChapitre 208 sur 360 · LIVRE TRENT&^UATRIËMB. Sî · texte numérisé non relu

LIVRE TRENT&^UATRIËMB. Sî

Cependant, le muphti, aussi prudent qu'il était fidèle à son maître, lui conseilla de ne pas affronter Tesprit d'opposition de sa capitale par un trop grand développement de troupes r^lières. Ménager l'irrita tion des janissaires tout en les supplantant insensiblement dans l'armée, tel était son plan. Il insista dans le divan pour que les -troupes régulières, admises seulement au nombre de deux régiments dans Stamboul, se formassent d'abord dans les provinces de l'Âsie-Mineure, sous le commandement de pachas et de gouverneurs dévoués à la transformation militaire de l'armée; là, les populations, plus disséminées et plus dociles^ opposeraientmoins de résistance aux nouveautés.

Le divan consentit à ces mesures, et le sultan versa l'or à pleines mains pour construire à Scutari, en face du sérail, et à Levend-Chifflik, au-dessus du faubourg de Péra, des casernes d'infanterie et de cavalerie dignes de l'importance qu'il attachait à leur création.

I^ commandement de ces deux corps de cavalerie et d'infanterie fut donné à deux renégats qui s'é- ' laiont signalés à la défense de Saint-Jean-d'Acre.

L'un était Grec : il s'appelait Massoud-Aga; l'autre

était Prussien, et avait pris le nom de Soliman.

Ces nouvelles troupes ne tardèrent pas à montrer leur supériorité. Des bandes de brigands, descendues des montagnes, ravageaient la Roumélie, dispersaient les janissaires, intimidaient Andrinopie et osaient menacer les résidences mêmes du gouverneur. Deux fois les janissaires envoyés pour les anéantir avaient fui lâchement devant ces montagnards. Ces provinces d'Europe étaient ravagées, incendiées, consternées, les gouverneurs et les pachas impuissants. Sélim fit sortir de Constantinopic un des régiments de Nizams avec de Tartillerie légère ; il leur adjoignit deux régiments nouveaux, formés et cantonnés en Asie. Cette faible armée, animée de l'esprit de corps, que les chefs avaient su lui inspirer, triompha partout, purgea la Turquie d'Europe de ses ravageurs et rentra fière de ses victoires dans la capitale.

Les succès de ses nouvelles troupes enhardirent Sèlim m à oser davantage en faveur des Nizams. Il se crut assez fort de leur appui pour braver les janissaires et pour leur imposer ses nouveaux règle-

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