‹ Histoire de la TurquieChapitre 209 sur 360 · LIVRE TRENTE-QUATRIÈME. r\l · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-QUATRIÈME. r\l

ments. Un katli-schérif, ou ordre écrit de sa main sans rintervenûon du divan, décréta que dans toutes lés villes de l'empire on incorporerait un certain nombre déjeunes janissaires dans le Nizam*

Ce corps se sentit insulté et profané ; mêlé par* tout an peuple, il lui communiqua son indignation. Andrinople, la seconde capitale de Tempire, donna le signal de la résistance par des outrages aux crieurs publics chargés de publier la volonté du sultan; Rodosto, autre grande ville sur la Propontide^ voi-^ sine de Gonstantinople, massacra le cadi, qui voulut obéir au katti-schérif. Ces révoltes intimidèrent tellement les autres magistrats de Fem^ire^ <|it6 l'ordre ne fut exécuté nulle part.

Sous les yeux même de Sélim^ Constaatinople, silencieuse, défendit par son. attitude la publication du décret. Vely-Zadé apporta les murmures des oulémas. Le sultan n^osa pas poui^suivre; il s'arrêta devant la sédition menaçante^ se réservant^' comme le despotisme patient du sérail , de venger l'injure faite à son autorité quand l'heure de Ja fortune serait revenue. Il la crut sonnée en 1806,

La guerre de Napoléon et du Nord menaçait de déborder sur l'empire. Les musulmans tremblaient du contre-coup que la Turquie aurait à subir, quels que fussent les vainqueurs. L'occasion sembla pfo^^

iH HISTOIRE DE LA TURQUIE,

pice au sultan de nationaliser les troupes réglées. Il pensa que le peuple ferait taire ses prétentions de* vant son patriotisme. Il ordonna à Gadi-Pacha, un des serviteurs les plus intrépides de sa personne et de ses plans, de quitter la Garamanie, dont il était gouverneur, et d'amener à Gonstantinople toutes les troupes régulières qu'il avait formées dans son gouvernement. Le 6 juin 1806 était le jour assigné à la réunion de ce corps d'armée sous les murs du sérail. Les deux puissantes familles féodales des Tchiapan-Oghli et des Garaman-Oghli, maisons presque souveraines de cette partie de l'empire, devaient fournir à Gadi-Pacha deux corps de cavalerie à leur solde.

Les -troupes régulières, ainsi préparées et amenées par Gadi-Pacha, s'élevant à seiase mille hommes, le sultan se cix)yait assez fort de ce corps d'armée, joint aux régiments de Scutari et de Levend-Ghiilik , pour intimider la milice séditieuse de Gonstantinople et frapper les rebelles de Rodosto ef d'Andrinople.

Le bruit de la marche de Gadi-Pacha et de ses régiments réguliers, suivis de la cavalerie nom-

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