‹ Histoire de la TurquieChapitre 210 sur 360 · LIVRE TRENT&gUATRlËMfi. ftfl · texte numérisé non relu

LIVRE TRENT&gUATRlËMfi. ftfl

breuse de Tchiapan-(^bli et de Caraman-Oghli, fit trembler les janissaires coupables de la Roumélie, Us s'insurgèrent de nouveau, et ils appelèrent à eux, dans Tintérèt d'une vengeance commune , les brigands des montagnes de Rhodope, vaincus et contenus naguère par les régiments des Nizams.

Sélim nii au lieu de faire marcher rapidement Cadi-Pacha pour étouffer le soulèvement de la Roumélie, se complut à faire camper la nouvelle ar* mée dans la plaine de Levend-Chiflik, au nord de sa capitale, et à s'enivrer de sa force et de sa con« fiance dans les nombreuses revues qu'il alla chaque jour passer, avec ostentation, de ses régiments* Celte jouissance lui coûta cher, car elle lui coûta un temps irréparable. Les janissaires insurgés d'An* drinople se disposèrent à fermer les portes de cette capitale à Gadi-Pacha et à son armée. Dix mille d'entre eux se portèrent en avant-garde derrière la petite rivière de la Yéna, au village de Babaski , pour disputer le passage de cette rivière à l'armée du sultan. .

I^s troupes de Gadi-Pacha, animées de son esprit et enflammées par ses paroles, traversèrent le fleuve sous le feu des janissaires, pénétrèrent trois fois dans le village ; mais, trois fois foudroyées par le feu des maisons crénelées, refluèrent au delà de

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la Yéna, en laissant la rive opposée jonchée de leurs cadavres et de ceux de leurs chevaux. Cadi^Pacha, voyant la route d'Andrinople ainsi fermée, revint sur ses pas pour prendre, par une autre vallée, la route de Rustschuk, ville forte, mais secondaire, de la Roumélie.

Mustapha-Baraiktar , pacha de Rustschuk , lui ouvrit les portes de son gouvernement, et unit son armée à celle de Gadi-Pacha. Mustapha-Baraiktar était un jeune et vaillant Albanais, né dans les montagnes voisines de Rustschuk. Sa bravoure héroïque, sa mâle beauté, communes h cette race, où le génie de la Grèce survit à la barbarie du Bulgare, Pavaient fait distinguer de l'ancien pacha de Rutschuk. Il était monté, d'exploit en exploit et de grade en grade, jusqu'au titre de pacha et jusqu'à l'amitié de Sélim. Il avait vengé déjà le sultan de son prédécesseur, Tersené-Oghli, pacha de Rustschuk , homme suspect à Sélim, qui voyait en lui un frondeur audacieux de ses plans et un rebelle attendant l'heure de l'insurrection.

Mustapha-Baraiktar, ou porte-étendard , s'était chargé de faire justice de cet esclave révolté. Il avait eu son pachalik en récompense de la tête de Tersené-Oghli, envoyée au sérail. Le caractère de Mustapha-Baraiktar était une fidélité passionnée et

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