LIVRE TRENTE-GlNUlJlÉME
Ctipilale et son indépendance. Il répondit en fils de Bajazet. Il sema l'or à pleines mains dans le peuple, dans Tarmée^ dans la flotte^ pour donner à la défense Ténergie et la rapidité d'un effort suprême du peuple et du souverain. En peu d'heures, Constanlinople fut à Tabri d'une insulte, et d'innombrables bouches à feu servies par toute une population hérissèrent les rives d'Europe et d'Asie et la pointe du sérail.
Les documents intimes qui viennent de nous être communiqués donnent à la résolution de l'ambassadeur de France un mobile secret que nous reproduisons ici.
Nous citons textuellement ici le document confidentiel du témoin de cette grande crise de Constantinople devant la flotte anglaise, et de l'ambassadeur de France devant le divan.
« Pendant trente ans on a gardé le silence sans qu'il ait été rompu par aucun document historique, dit le secrétaire de l'ambassadeur, M. Prévost; ce silence est devenu de l'oubli, tant les traditions lés plus avérées s'effacent en s'éloignant; c'est donc à la fois pour éclairer la génération actuelle et pour
rendre hommage à la vérité que nous consignons ici les détails suivants. L'honneur et le bonheur de la conduite de la France dans cette crise de la diplomatie appartient surtout au drogman do Tambassade de France à Constanlinople, longtemps chargé d'affaires de son pays auprès du divan, et vieilli avec estime dans les négociations avec la Turquie.
« La iierté de la réponse du général Sébastiani^ dit le témoin confidentiel, n'était qu'un masque qui cachait une douleur profonde du renversement de notre position politique. L'ambassadeur se disposa donc, quoique dans le plus grand secret, à partir, projet que M. Ruffin combattit avec force; mais la conviction du général ayant prévalu, il agit en conséquence et se décida à détruire ses instruc^ tiens, sa correspondance et ses papiers importanlSé 11 y a parfois dans les crises des actes sans valeur, qui peignent merveilleusement l'aniiété de la situation. Celui que nous rapportons est de ce nombre. Assurément, brûler ses papiers en pareil cas est chose naturelle; mais la précipitation de ce soin fut telle, que l'ambassadeur brûla aussi son contrat de mariage. Le départ exigeait qu^on s'assurât d'un pelit bâtiment pour gagner la mer, et des chevaux, sur plusieurs points, pour toutes les éventualités. C'est à quoi l'on pourvut «Usai «tec