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LIVRE TREKTK-CINOOIËME, UkI

fendre; un combat sanglant s'eng^go cntro les deux corps. Mahmoud, pendant la confusion de la luUe, s'élance dans son baleau et fuit vers le village de Bouyouk-Déré, situé à quelques coups de rames sur la même côte. Les yamaks, acharnés à sa perte, suivent en courant sur le rivage la course du calque de Mahmoud, le précèdent à Bouyouk-Déré, ordonnent à ses rameurs d'aborder malgré tui^ et le mas* sacrent, ainsi que son kiaya, au moment où il met le pied sur la plage.

La sédition du château de Roumélîe, bientôt connue, est le signal d*une sédition générale dans toutes les batteries et dans tous les châteaux des deux rives du Bosphore, Partout les nizams sont vaincus et chassés par les yamaks, plus nombreux, secondés par le peuple. Le commaudanl du château d'Asie subit le sort de l'infortuné Mahmoud. Son cadavre, percé par les yatagans, est jeté à la mer pour aller porter à la porte du sérail au sultan la réponse sanglante à ses ordres.

Les nizams, expulsés des batteries de mer, étaient rentrés dans leurs casernes à Constanlinople et à Scutari. Ces régiments, joints aux autres forces de

la capitale et à celles que le caïmakam pouvait appeler d'Asie en deux jours, étaient plus que suffisants pour venger cet attentat et pour désarmer les yainaks. Le ca'imakam promit au sultan et aux ministres de ramener au devoir ce rebut de l'armée el de punir les plus criminels. Il endormit, par une apparence de dédain, la colère et la vigilance de ses collègues.

Cependant lebostandji-baschi, un des grands officiers de la couronne qui commande le corps des jardiniers du sérail, espèce de garde intérieure, souvent rivale des janissaires, s'étant rendu à Bouyouk- Déré dans un bateau de la cour à seize paires de rames, avait été repoussé du rivage à coups de fusil. Il revint alarmer son maître par le récit de ce nouvel attentat contre son autorité.

Mais le caïmakam, sommé d'agir, temporisa encore. Il profitii de ces délais calculés et de l'irritation que ces crimes impunis jetaient dans la multitude, pour faire soufller aux janissaires et au peuple, dans les rues, par les oulémas et par les imans, par les rédicateurs dans les mosquées, une insurrection sainte contre les ministres partisans des innovations impopulaires. Les yamaks, fortifiés dans leur esprit de résistance par les bruits qui leur arrivaient (U; Gonstantinople, sentirent qu'ils avaient un appui

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