LIVRE trentem:inquième. lié
îxécutcurs contre la révolte, il prit hardiment lé •Ole de souverain, après avoir achevé son rôle de soldat et de factieux. Il envoya ordonner aux janissaires de toutes les orlas, ou compagnies restées I Cîonstantinople, d'apporter sur cette place leurs marmites^ signe plus révéré que leur drapeau et autour desquelles se groupent les ortas dans led ours de trouble ou de solennité.
Les crieurs publics semèrent à l'instant cet ordre lans tous les quartiers de la ville et des faubourgs le Stamboul. A leurs voix les janissaires obéissants apportent solennellement leurs marmites sur TEtmeïdan et les rangent en cercle, selon le numéro le Torta, autour du divan en plein air que ses soldats avaient préparé pour leur orateur et leur L'hef.
a Frères et camarades , » dit Cabatchi - Oghlî mx ortas rassemblées autour de Ini, a la réunion a de ces signes vénérés de vos ortas, de ces foyers du « janissaire, est le témoignage visible de Tunion de a tous les vrais croyants dans un même esprit. Nous a sommes unis, soyons résolus ! L'heure est venue a de confondre nos ennemis! Le ciel s'est déclaré « pour notre cause qui est la sienne! Extirpons du a sein des Osmanlis cette faction impure qui a a résolu de détruire les janissaires et de rendre lé
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« musulman semblable au giaour ! Demandons la « dissolution du corps des nizams ! Permettons à ces «jeunes soldats, contraints ou réduits, de regagner « leurs foyers ; mais frappons ces ministres et ces « chefs criminels qui ont corrompu la pureté de la « foi y et qui ont juré la perte des janissaires , « colonnes de l'empire. »
Des acclamations forcenées éclatent sur la place. Cabatchi-Oghli s'arrête, et déployant une liste de proscrits, dressée d'avance par le caimakam, il la lit à haute voix aux janissaires et désigne au peuple et aux troupes les victimes qu'ils peuvent immoler. A ces noms, des détachements de sicaires, comme ceux qui sortaient des légions à la voix de Sylla ou de Marins, pendant les proscriptions romaines, s'élancent, dirigés par des yamaks armés, et parcourent la ville pour découvrir et égorçer les proscrits. Peu échappèrent, quoique cachés chez les chrétiens ou chez les juifs de leur domesticité.
Pendant ces exécutions, le caïmakam envoya sur la place de l'Etmeidan, à Cabatchi-Oghli, en signe de satisfaction et d'hommage, les cadavres de ses collègues étranglés le matin chez lui. Les détachements, revenant de leur mission sanguinaire, apportaient tour à tour les têtes des proscrits qu'ils avaient frappés, et les jetaient en monceau à côté