‹ Histoire de la TurquieChapitre 233 sur 360 · LIVRE TRENTE-CINQUIÈME. *2i · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-CINQUIÈME. *2i

Il sortit, et rentra WentÔt en rapportant son fetwa contenu dans un seul mot en grosses lettres ; « Non, » MaiSj comme s'il eût voulu se réserver un double sens ou une excuse dans l'avenir pour tant d'audace, il écrivit en bas du non fatal ce pro* verbe turc, qui laisse Tesprit humain dans le doute, et qui renvoie toute responsabilité au ciel : ^nDieu sait le meillmr. »

il Ëb bien I janissaires, » s'écria Gabatchi«OghU an ouvrant et en lisant le fetwa, « vous Tentendes : a Sélim est condamné par la voix même de celui a qu'il avait cboisi pour être Tinterprète du Pro^ a phète. Prononcez maintenant : pouvea^voqs toitt « fier à Sélim î »

« Non! nonl "» s'écrièrent les musulmans en bocbant la tète ; a nous ne voulons plus qu41 soit « notre souverain! Qu'il soit déposé! Vive le sultan a Mustapha !»

Cabatchi, reprenant alors la parole, déclara, au nom de la nation, du muphti et des janissaires, que le sultan Sélim III, fils de sultan Mustapha, avait cessé de régner, et que sultan Mustapha IV, fila. d'Abdul-Hamid, était proclamé empereur des Ottomans.

i22 HISTOIRE DE LA TURQUIE.

Cependant une grande anxiété pesait sur l'esprit de Cabalchi-Oghli et des janissaires, le sultan Mustapha était au pouvoir de Sélim, le sérail était fermé, les pages, le corps des bostandjis étaient sous les armes dans les cours intérieures. Les révoltés n'avaient ni les canons, ni les échelles nécessaires pour donner Tassant aux murailles ou pour enfoncer les portes. L'audacieux muphti, se fiant au caractère d'inviolahilité dont la religion Tinvestissait, osa se charger de pénétrer dans le sérail, d'informer le sultan Sélim de sa déposition, et de l'engager à s'y soumettre sans défense. Ce pontife connaissait trop la douceur de Sélim III pour craindre la vengeance de son souverain.

Avant l'entrée du muphti dans le sérail, des émissaires du parti de Sélim, répandus dans la foule, lui avaient rapporté, sur la foi de la rumeur publique, un reste d'espérance. Les officiers supérieurs des janissaires, mécontents, disait-on, de voir un homme de rien, tel que Cabatchi-Oghli et ses vils yamdcs, disposer de la multitude et décerner l'empire, allaient se joindre aux nizams et se retournaient du côté de Sélim. Ces bruits relevaient le cœur des

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